Lorraine Gay

 


 

Sylvie, Présidente de l'association LesBienNées - Nancy
septembre 2005

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6- L'association se définit comme " lesbienne et féministe ". Où se situe la frontière et peut-on être l'une sans être l'autre ?

Tu as raison de le souligner : les lesbiennes qui affirment leur existence et revendiquent leur sexualité en dehors de l'influence masculine sont par essence et définition féministes.

Cependant, il peut être bon de rappeler certaines évidences... Aujourd'hui, quand on dit " féministe ", on a l'impression de lâcher un gros mot. Alors, se dire lesbienne ET féministe, c'est pousser le quidam à crier au sexisme, à l'extrémisme, à l'anachronisme voire au communautarisme exacerbé : c'est donc susciter le débat et les questions. C'est aussi pouvoir dire et redire qu'il est nécessaire de continuer à agir pour le droit de toutes les femmes, sur des questions allant de la prostitution jusqu'au niveau de vie, en passant par l'égalité des chances pour l'accès à la formation.

 

7- Des associations LGBT accueillent indifféremment les mecs gays et lesbiennes. Pourquoi LesBienNées est-elle une association non mixte ?

En effet, parallèlement à l'existence d'associations mixtes LGBT, il existe des associations qui s'attachent à une cause particulière. Trans Aid est une association dédiée à la cause Trans. Bi-cause s'intéresse aux problématiques des Bi. LesBienNées est une association qui travaille spécifiquement sur la condition des femmes homosexuelles.

Cela étant, tout comme nos camarades, nous adhérons pleinement à l'ensemble des causes LGBT et les soutenons. Nous partageons les combats des associations mixtes en ce qui concerne l'homophobie, tout en y ajoutant des préoccupations liées à notre vécu quotidien de situations sexistes, machistes, misogynes. Nous considérons que le discours globalisant qui a généralement court dans les associations mixtes contribue à maintenir les femmes et les lesbiennes dans une sorte d'état invisible, renforçant involontairement le côté pervers de la double discrimination dont nous sommes victime.

Je rappelle ici que le néologisme "lesbophobie" a été créé par la Coordination Lesbienne en France pour rendre visible le caractère spécifique des attaques subies par les lesbiennes en tant qu'individu ou groupe social. Personne ne conteste plus ce terme, largement repris, y compris dans les médias.

 

8- Pour la première fois LesBienNées ont participé à la marche des fiertés LGBT de Lorraine en juin 2005. Quel bilan ?

Très positif car en oeuvrant avec le collectif d'organisation de la Marche des Fiertés nous avons noué des contacts avec des associations lorraines avec lesquelles nous n'avions pas encore travaillé. Cela peut augurer de nouvelles coopérations et de nouveaux projets.

La marche en elle-même a été vécue par les femmes de l'association comme un grand moment de "militantisme festif". Même celles qui étaient -grâce au travail de désinformation de la plupart des médias audio visuels-, réticentes a priori, ont été heureuses de participer à cette journée. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous ont décidé de prolonger ce moment en se rendant à la marche de Paris, avec la CLF.

 

9- Plusieurs associations qui accueillent les lesbiennes à Nancy, des commerces communautaires tenus par des lesbiennes, des manifestations culturelles ouvertes à la sensibilité lesbienne... Nancy est-elle une ville plus ouverte que les autres pour les filles homosexuelles ? Les filles peuvent-elles y vivre de manière épanouie leur homosexualité ?

Il est vrai que, pour nous, la vie à Nancy est assez agréable, même si c'est relativement récent (2001-2002). Je pense cependant que ce qui se passe dans cette ville est l'expression d'une tendance plus générale.

Par exemple, ces quatres dernières années, des commerces notoirement tenus par des gais ou des lesbiennes se sont ouverts un peu partout dans l'hexagone.

Et puis, il ne faut pas négliger les effets du débat sur le PACS qui a forcé les médias à parler du quotidien des citoyens homosexuels. L'opinion publique s'était montrée globalement favorable aux avancées proposées, devançant en cela les politiques et les médias. Beaucoup d'élus en tirent encore, de façon très pragmatique, les conclusions qui s'imposent : la vie des associations et des administrés en est forcément améliorée.

Je dois cependant préciser que l'actualité de la région nous force à constater que Nancy est pour nous un cadre de vie associative privilégié. Nous exprimons à ce propos notre sympathie à Couleurs Gaies et aux habitants homosexuels, bi et trans de la ville de Metz.

Inutile Festival ? 2004

Concert Belladonna 9CH

Spectacle : Madame H à Nancy


 

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