Lorraine Gay

 


 

Sylvie ADIBA , Présidente de l'association LesBienNées - Nancy
septembre 2005

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1- Peux-tu nous dresser un rapide historique de LesBienNées.

Alors on va essayer de résumer nos presque 10 ans d'existence...
LesBienNées est une association qui a vu le jour en avril 1996. Pour ses fondatrices, issues d'associations mixtes, il était nécessaire de créer un espace de parole et de réflexion propre aux femmes, un espace pour que la voix des lesbiennes soit aussi entendue. Cette minorité étant doublement discriminée (à la fois en tant qu'homosexuelles et en tant que femmes).

LesBienNées a toujours été une association partenaire pour les revendications concernant les droits des personnes LGBT et celles contribuant à améliorer la situation de toutes les femmes dans la société.

Depuis sa création l'association puise sa force dans des actions très variées et parfois assez éloignées de cette dimension militante, du moins en apparence.


Sylvie ADIBA, Présidente de l'association LesBienNées

LesBienNées ont par exemple longtemps organisé des fêtes non-mixtes : célèbres dans toute la région, elles étaient très fréquentées et jouèrent jusqu'en 2001 un rôle social important. Depuis, l'ouverture des bars " amis " et l'organisation régulière de fêtes mixtes ont changé la donne, modifiant de façon très positive la vie des femmes homosexuelles. Comme toutes les associations lesbiennes de France à cette même époque, LesBienNées a connu une période d'adaptation se traduisant notamment par une baisse progressive du nombre de ses adhérentes (nous en avons compté jusqu'à 60 contre 26 actuellement).

Néanmoins, l'association est restée très active puisque, parallèlement au traditionnel festival " Cinéma et homosexualité " présenté chaque année depuis 1997 en collaboration avec Homonyme au cinéma Caméo, elle a mis en oeuvre et participé à plusieurs manifestations d'envergure, notamment :

- 2000 : Premier festival culturel LesboZhomos en partenariat avec Aides Lorraine Sud ;
- 2001 : "Les Transculturelles", avec Couleurs Gaies, Homonyme et Rosa Lëtzebuerg
- 2002 et 2004 : " l'Inutile Festival ? ", semaine culturelle gai et lesbienne d'utilité publique
- 2003 : Organisation de l'Assemblée Générale de la CLF (Coordination Lesbienne en France) dont nous sommes membres depuis la création ;
- 2005 : Entrée dans le collectif d'organisation de la marche des fiertés LGBT de Lorraine.

1999

2003

2000

2000

2002

2004

Festivals nancéens auxquels LesBienNées ont apporté une contribution active

 

2003

 

2- Quels étaient les objectifs de l'association lors de sa création ?

Les statuts originels de l'association sont très clairs à ce sujet. Le premier article va de soi : " aider les femmes à affirmer leur identité homosexuelle ou bisexuelle ". Les suivants sont peut-être un peu plus inattendus : " encourager une plus grande participation des homosexuelles à la vie sociale ", " travailler avec toute association luttant contre les discriminations quelles qu'elles soient ", " promouvoir la culture et la création lesbiennes " et bien sûr " travailler avec les associations de lutte contre le SIDA ".

3- Quel bilan par rapport à ces objectifs ?

Si la question est de savoir si l'association remplit ses missions, la réponse est généralement positive, en fonction des forces en présence, de la disponibilité et des envies de chacune et aussi des partenaires présents et de l'actualité du moment.

Une chose aussi incroyable que " L'Inutile festival ? " notre semaine de visibilité gaie et lesbienne permet à elle seule de répondre à l'ensemble de nos objectifs. En terme d'aide à l'affirmation de soi, d'incitation à participer à la vie sociale et de promotion de la culture et de la création lesbienne, il est difficile de rêver mieux. En outre, la grande diversité des tâches permet à toutes celles qui le souhaitent de s'investir, quelles que soient leurs compétences, leur disponibilité ou leur capacité à s'affirmer comme lesbiennes.

Si la question est de savoir si nos actions ont fait avancer sur la scène nationale la cause LGBT en général et lesbienne en particulier, la réponse est oui, assurément.

Depuis la création (à l'initiative des femmes homosexuelles) du F.A.R.H en 1971, la multiplication des associations LGBT en France et la constance de leurs actions, de la Marche des Fiertés de Paris à la plus modeste manifestation de province, ont conduit progressivement les mentalités à changer et les pouvoirs publics à prendre en compte nos revendications. Il n'est pas exagéré de dire que toutes les associations LGBT de France sont à l'origine des améliorations constatées dans la vie et les lois de notre pays.

A ce niveau, les réseaux nationaux et internationaux qu'elles ont su constituer sont primordiaux. Le premier de ces réseaux fut créé en 1996 par le regroupement des associations lesbiennes non-mixtes sous le nom de Coordination Lesbienne en France.

La dimension nationale de la CLF lui a permis, dès sa création, d'adresser son travail d'information aux parlementaires et au gouvernement. Elle a ainsi présenté dès 1998 aux pouvoirs publics, un projet de proposition de loi pour une société non lesbophobe/homophobe.


 

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