Homonyme est une
association LGBT. Cela signifie-t-il que
les lesbiennes, les bisexuels et les trans
sont représentés dans les
mêmes proportions que les gays parmi
les adhérents ?
Malheureusement non,
actuellement, les gays sont plus nombreux,
mais à Homonyme c'est cyclique...
Chacun et chacune trouvent leur place
à Homonyme, quelque soit son sexe
ou même son orientation sexuelle.
Homonyme compte des personnes sensibles
à la cause LGBT, quelles qu'elles
soient, hétéros y
compris.
Les relations d'Homonyme
avec la municipalité de Nancy ont
l'air plutôt bonnes contrairement
à ce qui existe dans d'autres
villes peu éloignées.
Comment cela se traduit-il ?
Les bonnes relations avec
notre municipalité ont
commencé en 2001, c'est la ville de
Nancy qui a fait le premier pas en quelque
sorte. La ville est partenaire de nos
actions et de nos activités, elle
nous soutient et nous encourage. J'avoue
être très heureux de ce
partenariat, très productif et
très instructif. Je pense qu'une
ville qui se veut moderne et ouverte est
obligatoirement en relation avec les
associations LGBT au même titre que
tout autre association qui compose sa
ville et dont le but est citoyen.
Nous ne pouvons qu'espérer la
continuité de ce partenariat et
espérer le même avec nos
autres collectivités
locales...
Comment est
financée l'association ?
Principalement par nos
soirées, quasi seule source de
revenus de notre association. Cette
année, nous avons touché
notre première subvention de
fonctionnement de la part de la Ville de
Nancy. Mais avec ou sans subvention, les
soirées resteront une part
importante de revenus à mon sens.
En quelque sorte, aller à une
soirée organisée par une
association est un acte militant !
La vie des gays dans les
grandes agglomérations semble moins
compliquée que dans les zones ou
départements ruraux. Comment
Homonyme touche-t-elle et vient-elle en
aide à ses populations ?
Depuis 2003, Homonyme
envisageait une permanence mensuelle dans
les Vosges pour permettre aux LGBT de se
retrouver et de se rencontrer. Dès
janvier-février 2005, ce sera chose
faite avec la mise en place de la
coordination vosgienne et l'énergie
de vosgiens et vosgiennes qui souhaitent
voir le projet aboutir. Pourquoi pas
ailleurs que les Vosges me direz-vous !
ça dépend en fait des forces
vives de l'association et des personnes
sur place qui le souhaite...
L'année 2005 semble
se présenter plutôt active
avec, entre autres, la Marche des
fiertés LGBT de Lorraine à
Nancy. Quels sont les projets d'Homonyme
en 2005 ?
Comme vous le faisiez
remarquer, la Marche des Fiertés
LGBT de Lorraine à Nancy sera un
gros projet pour nous en 2005 comme il a
été ces deux
dernières années pour
Couleurs Gaies à Metz. La 11e
édition du festival cinéma
et homosexualité en Mars est
également en cours de
préparation, ainsi qu'une
série de débat et de
réunion à thème pour
le 1er semestre. De même, dès
janvier, la mise en place de Groupe
d'Expression Libre (GEL) chaque dernier
mercredi du mois à 20h30 permettra
à chacun et chacune de s'exprimer
en toute confidentialité dans un
groupe animé par un psychologue.
De plus,
en 2005 nous organiserons nos grandes
fêtes comme chaque année mais
devrons palier la fermeture du Terminal
Export... à suivre... mais
heureusement, nous avons trouvé un
bon DJ et je pense qu'il satisfera tout le
monde lors de la prochaine le 12
février.
Sur le terrain du
militantisme, quels sont les objectifs de
l'association pour l'avenir ?
Continuer le débat
sur le mariage homosexuel, veiller et
réagir contre les dérapages
des homophobes tels que nous venons de le
faire avec notre réaction contre
l'intégrisme religieux qui
s'affiche sur les murs de nos villes,
élaborer un début de
débat sur l'homoparentalité,
et comme chaque année depuis 10
ans, tenter d'être
intégré aux
cérémonies officielles de
commémoration de la
déportation. En espérant que
l'actualité ne nous rattrapera pas
sur le terrain de l'homophobie...