Son
principal poste de dépenses est constitué par le loyer et les frais de
fonctionnement du local de l'association rue de Serre qui représente
environ 9000 euros par an.
A priori, si l'on fait
abstraction du financement des actions militantes, les frais de
structure et de fonctionnement de l'association pouvaient être couverts
assez largement par les subventions, les soirées et les cotisations.
Le militantisme coûte-t-il
cher ?
Les grandes actions
militantes d'Homonyme en 2007 ont été une participation au Sidaction,
l'organisation d'un Festival LGBT à Nancy, la participation à la Marche
des Fiertés LGBT de Lorraine, l'édition d'un journal envoyé aux
militants.
Si l'on excepte la marche
des fiertés dont le financement est assuré par le Collectif LGBT
Lorraine, les autres actions militantes d'Homonyme en 2007 n'ont pas
été particulièrement lucratives, mais ce n'était pas l'objectif.
Le festival 2007 a
enregistré une dette de 2000 euros, le Sidaction un trou de 5 600 euros
( ? ? ! !), et le journal Conjugaison a coûté plus de 2000 euros en
2007.
Ces actions auraient dû
s'autofinancer par la vente d'espaces publicitaires, les recettes des
soirées du festival et différentes ventes de soutien. Malheureusement
les annonceurs sont quelque peu échaudés par les sollicitations
diverses dont ils sont l'objet et les commerces LGBT de la région ne
peuvent pas financer en permanence, des soirées, des festivals, la
marche et les différentes plaquettes du monde associatif LGBT. La
participation à des actions nationales est à l'honneur d'une
association régionale, encore faut-il qu'elle puisse en avoir les
moyens. Par ailleurs, une réflexion aurait dû être menée depuis
longtemps sur le maintien d'un festival prestigieux avec la diffusion
de films LGBT, alors qu'aujourd'hui tout le monde peut se procurer le
plus simplement du monde les vidéos des derniers films sortis même
quand on habite un patelin éloigné de toute civilisation. Enfin, à
l'heure de l'internet, il est incompréhensible qu'on puisse dépenser
2000 euros pour imprimer et envoyer un journal gratuit. N'oublions pas
que ces 2000 euros représentent tout simplement le montant annuel des
cotisations des adhérents d'Homonyme. Les années précédentes n'ayant
pas enregistré de déficit important, il est difficile d'expliquer ce
trou de 13 000 euros. Les choix hasardeux de dépenses n'expliquent pas
tout.
En dehors des polémiques et
des différents conflits de pouvoirs habituels, il faudra bien donner
une explication à tous ces bénévoles qui n'ont jamais ménagé leurs
efforts pour faire vivre Homonyme et lui donner de la consistance.
Aujourd'hui, c'est à eux qu'il faut penser. A tous ces hommes et ces
femmes qui, depuis avril 1994, ont donné de leur temps et de leur
talent pour faire avancer la cause LGBT en Lorraine Sud.
Le Conseil d'Administration
d'Homonyme a démissionné et la dissolution de l'association devrait
être prononcée lors d'une prochaine Assemblée Générale Extraordinaire.
Ne doutons pas un instant
que beaucoup attendaient leur tour dans l'ombre et qu'Homonyme sera
rapidement remplacée ou reprise en main. Depuis quelques années déjà,
les intérêts politiques se faisaient de plus en plus pressants au sein
de l'association. Entre d'anciens responsables de l'association qui en
avaient été écartés, des groupes issus des partis politiques tant à
droite qu'à gauche ou de vrais militants engagés uniquement dans la
cause LGBT, ce ne sont pas les protagonistes qui vont manquer pour se
disputer la dépouille d'Homonyme. Espérons simplement qu'ils seront
dignes de l'histoire de cette association et du mouvement LGBT nancéien
qui passe un moment difficile.