Lorraine Gay

 


 

Homonyme va disparaître

Décidément l'année 2007 aura été un mauvais cru pour les associations LGBT Lorraines. Après la dissolution d'Emergence 57 en novembre, c'est l'association LGBT de Nancy Homonyme qui annonce sa fin prochaine.

Depuis sa nomination récente, le nouveau Président, Yoann, s'est employé à essayer de venir à bout des difficultés financières accumulées par l'association durant ces derniers mois sous l'autorité de son ancien Président. Malheureusement, il est difficile de pouvoir rembourser plus de 13 000 euros de dettes impayées lorsqu'on est une association. La seule question qui mérite d'être posée est : " Comment peut-on en arriver à avoir 13 000 euros de dettes ? ".

Les ressources d'Homonyme étaient constituées de diverses subventions de la mairie de Nancy et du Conseil Général 54 (près de 6000 euros en 2007), des recettes liées aux soirées (près de 5 000 euros de bénéfice en 2007), les cotisations et dons des adhérents (près de 2000 euros en 2007).

 

Son principal poste de dépenses est constitué par le loyer et les frais de fonctionnement du local de l'association rue de Serre qui représente environ 9000 euros par an.

A priori, si l'on fait abstraction du financement des actions militantes, les frais de structure et de fonctionnement de l'association pouvaient être couverts assez largement par les subventions, les soirées et les cotisations.

Le militantisme coûte-t-il cher ?

Les grandes actions militantes d'Homonyme en 2007 ont été une participation au Sidaction, l'organisation d'un Festival LGBT à Nancy, la participation à la Marche des Fiertés LGBT de Lorraine, l'édition d'un journal envoyé aux militants.

Si l'on excepte la marche des fiertés dont le financement est assuré par le Collectif LGBT Lorraine, les autres actions militantes d'Homonyme en 2007 n'ont pas été particulièrement lucratives, mais ce n'était pas l'objectif.

Le festival 2007 a enregistré une dette de 2000 euros, le Sidaction un trou de 5 600 euros ( ? ? ! !), et le journal Conjugaison a coûté plus de 2000 euros en 2007.

Ces actions auraient dû s'autofinancer par la vente d'espaces publicitaires, les recettes des soirées du festival et différentes ventes de soutien. Malheureusement les annonceurs sont quelque peu échaudés par les sollicitations diverses dont ils sont l'objet et les commerces LGBT de la région ne peuvent pas financer en permanence, des soirées, des festivals, la marche et les différentes plaquettes du monde associatif LGBT. La participation à des actions nationales est à l'honneur d'une association régionale, encore faut-il qu'elle puisse en avoir les moyens. Par ailleurs, une réflexion aurait dû être menée depuis longtemps sur le maintien d'un festival prestigieux avec la diffusion de films LGBT, alors qu'aujourd'hui tout le monde peut se procurer le plus simplement du monde les vidéos des derniers films sortis même quand on habite un patelin éloigné de toute civilisation. Enfin, à l'heure de l'internet, il est incompréhensible qu'on puisse dépenser 2000 euros pour imprimer et envoyer un journal gratuit. N'oublions pas que ces 2000 euros représentent tout simplement le montant annuel des cotisations des adhérents d'Homonyme. Les années précédentes n'ayant pas enregistré de déficit important, il est difficile d'expliquer ce trou de 13 000 euros. Les choix hasardeux de dépenses n'expliquent pas tout.

En dehors des polémiques et des différents conflits de pouvoirs habituels, il faudra bien donner une explication à tous ces bénévoles qui n'ont jamais ménagé leurs efforts pour faire vivre Homonyme et lui donner de la consistance. Aujourd'hui, c'est à eux qu'il faut penser. A tous ces hommes et ces femmes qui, depuis avril 1994, ont donné de leur temps et de leur talent pour faire avancer la cause LGBT en Lorraine Sud.

Le Conseil d'Administration d'Homonyme a démissionné et la dissolution de l'association devrait être prononcée lors d'une prochaine Assemblée Générale Extraordinaire.

Ne doutons pas un instant que beaucoup attendaient leur tour dans l'ombre et qu'Homonyme sera rapidement remplacée ou reprise en main. Depuis quelques années déjà, les intérêts politiques se faisaient de plus en plus pressants au sein de l'association. Entre d'anciens responsables de l'association qui en avaient été écartés, des groupes issus des partis politiques tant à droite qu'à gauche ou de vrais militants engagés uniquement dans la cause LGBT, ce ne sont pas les protagonistes qui vont manquer pour se disputer la dépouille d'Homonyme. Espérons simplement qu'ils seront dignes de l'histoire de cette association et du mouvement LGBT nancéien qui passe un moment difficile.

 

information mise en ligne le 02/12/2007


 

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