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Procès Humblot : Réaction
d'Homonyme.
Communiqué de presse de
l'association Homonyme de Nancy
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Existe-t-il
un juste châtiment ? Peut-on réparer tous les torts ?
Le 1er août 2003 aux
alentours de 23h, Jean-Pierre Humblot mourrait des suites d'une
agression homophobe, un accident qui avait mal tourné, deux jeunes gens
qui voulaient juste lui faire peur, et qui, le poussant dans le canal
juste pour l'effrayer, n'ont accompli en réalité qu'un seul but, mettre
fin brutalement à sa vie.
Jean-Pierre Humblot, dit "
Jeannot " était une figure bien connue des nancéiens, tout le monde
l'avait un jour croisé vêtu de vêtements excentriques. Il ne faisait de
mal à personne, se contentant de déambuler dans les rues sans se
soucier du regard des autres, faisant sourire souvent. Il s'en moquait
éperdument. Sa seule erreur fut de croiser le 1er août dans la nuit le
chemin de deux jeunes gens, même pas réellement haineux selon eux,
juste terriblement inconscients, juste tristement homophobes.
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Au terme de presque quatre
années d'instruction et de trois jours de procès durant lesquels ont
défilé tous les témoins, victimes, experts ou co-mis en examen, venus
éclairer les points sombres de cette affaire et porter la lumière pour
tenter d'expliquer l'inexplicable. Les motivations des agresseurs n'ont
jamais été très claires, aux douleurs et aux traumatismes des victimes,
la défense a opposé comme argument la jeunesse, l'inconscience,
l'immaturité, l'effet de bande, le regret, en oubliant presque parfois
que cette série d'agressions s'est conclue très tragiquement le 1er
août par la mort d'un homme qui n'avait le seul tort que d'être
différent et de ne pas s'en cacher.
Ce n'est pas le procès de
l'homosexualité mais celui de l'homophobie, pourtant, c'est un fait que
la défense même cherchait à nier sans comprendre vraiment ce qu'est
l'homophobie. Elle évoquait une homophobie latente ayant influencé ces
adolescents. Ils prenaient pour cible les homosexuels parce qu'ils les
considéraient comme des êtres vulnérables, fragiles, des proies,
facilement identifiables par leur manière de s'habiller, de se
comporter, de parler, pourtant, juger quelqu'un sur son apparence
extérieure, penser que tous les homosexuels sont ainsi, c'est hélas
déjà la forme la plus perfide de l'homophobie.
Les jurés avaient la
difficile tâche de démêler cet écheveau, de réparer les injustices à
l'encontre des victimes sans complètement gâcher la vie de deux jeunes
gens inconscients, qui regrettent, mais qui ont tout de même tué un
homme. C'est un cauchemar qui les poursuivra toute une vie, on ne peut
que déplorer qu'il ait fallu une mort pour que des jeunes adolescents
immatures prennent conscience de la gravité des actes qu'ils
commettaient. La bêtise, la jeunesse, la stupidité, les regrets
infinies, rien n'effacera jamais les actes qu'ils ont commis.
Après plusieurs heures de
délibération, la sentence tombe enfin, les deux jeunes hommes sont
condamnés, le motif d'aggravation au titre de l'homophobie est retenue,
les victimes ne sont plus simplement des simples victimes mais des
personnes qui ont souffert à cause de leur homosexualité. Rien ne
ramènera jamais Jeannot, rien ne réparera les torts faites aux
victimes. On peut déplorer la légèreté de la peine (5 ans
d'emprisonnement dont deux fermes), le fait que ces deux jeunes hommes
aient gâché toute leur vie en quelques secondes, rien ne changera le
passé. Il a fallu un accident tragique pour que les agressions
homophobes cessent à Nancy, pour que chacun prenne réellement
conscience de l'homophobie existant partout. Ceci étant dit, cette
affaire ne doit pas nous faire oublier que les discriminations sous
toutes ces formes existent toujours, que nous devons encore rester
vigilant sur le racisme en général, que cette mort ne demeure pas
inutile et qu'il en ressorte quelque chose de positif.
Nous renouvelons notre
amitié et notre soutient indéfectible à madame Simone Mauvoisin, à
toutes les victimes d'agression, à toutes les victimes de
discrimination de tout type. La tolérance et la fraternité sont des
valeurs profondément républicaines que nous devons continuer à
défendre. Homonyme ne cesse pas le combat, elle continuera à combattre
les discriminations sous toutes leurs formes.
Association HOMONYME
Centre LGBT Lorraine-Sud
(Lesbien Gay Bi Trans)
7, rue de Serre
54000 NANCY
Tél. : +33(0)3.83.37.09.42
Web : http://www.homonyme.org
E-mail : contacts@homonyme.org
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