En France, ce
sont tout particulièrement
les administrations sanitaires et
médicales de l'État
qui participent à la mise
au ban des personnes transgenre :
on nous traite de « malades
mentaux », on nous impose
illégalement des «
protocoles » médicaux
relevant d'une véritable
maltraitance autant psychiatrique
que physique, on refuse, en toute
illégalité, de
prendre en charge nos soins
médicaux, on nous force
à l'exclusion sociale par
le refus de changer nos
numéros de
Sécurité Sociale en
fonction de notre identité
sociale visible...
Démarches ouvertement
discriminatoires qui sont la
cause directe d'un énorme
taux de précarité
sociale parmi les personnes
transgenre de France.
Et comme par
hasard, aujourd'hui même,
le 20 novembre 2006, se tient en
région parisienne une
rencontre « convoquée
» par la Haute
Autorité pour la
Santé (HAS, ex-ANAES),
où les « parcours
» d'un panel de «
patients » transgenre sont
« examinés » par
des soi-disant
spécialistes, ceci sans
aucun doute afin d'en tirer des
recommandations de «
protocoles » médicaux
à nous imposer dans le
futur. Cette rencontre s'est
préparée quasi en
secret et dans l'opacité
la plus totale quant à la
sélection des personnes
que la HAS veut bien condescendre
à « examiner »
(p.ex. exclusion d'office des
responsables des groupes
d'entraide transgenre de France)
: voilà une
opération de type «
nuit et brouillard » dont
les dés sont à
l'évidence pipés
d'avance et dont le
résultat devrait donc
être sans surprise car
connu d'avance par la HAS, et par
elle seule. Bref, il s'agit une
fois de plus d'une marque de pur
mépris de l'État
Français face à ses
citoyenNEs transgenre en besoin
de soins et de reconnaissance
sociale, citoyenNEs dont le
nombre est tout de même
estimé à au moins
60000 à travers le pays.
Et imposer comme date de cette
rencontre le 20 novembre, le seul
jour de l'année où
les personnes transgenre ont
l'occasion de parler d'une seule
voix internationale de leurs
souffrances et besoins de vie en
liberté, relève
d'un cynisme grotesque,
perçu comme une
provocation par toutes les
personnes transgenre de
France.
Au nom des
victimes transgenre, et au nom de
toutes les personnes transgenre
qui vivent ici et maintenant dans
la souffrance sociale et
l'exclusion, nous exigeons
d'urgence de l'État
Français :
- d'abolir
immédiatement toute
psychiatrisation imposée,
en toute
illégalité, aux
personnes transgenre, ainsi que
tous les « protocoles »
médicaux ou «
standards de soins »
imposés à leur
encontre ;
- de poursuivre
pénalement tout abus,
autant psychique que physique ou
sexuel, commis par un
médecin lors de soi-disant
« expertises » de
personnes transgenre, p.ex. lors
de leur procédure de
changement d'état civil
;
- de garantir le
libre choix de nos
médecins, tel que
défini par la Loi en
vigueur ;
- de garantir
l'application du remboursement
croisé des soins entre
l'étranger et la France,
tel que défini par la Loi
en vigueur ;
- de
décréter le
changement du numéro de
Sécurité Sociale
sur simple demande, afin de ne
plus exclure les personnes
transgenre du marché de
l'Emploi ;
- de
décréter, pour la
même raison, le changement
d'état civil sur simple
auto-déclaration, sans
procédures
médicales ou juridiques
imposées,
procédures contraires aux
Droits de l'Homme ;
- de prendre, en
accord avec les groupes
d'entraide transgenre de France,
des mesures de formation des
professions médicales et
paramédicales à
l'accueil des personnes
transgenre ;
- d'instaurer
enfin une vraie collaboration
entre autorités et groupes
d'entraide transgenre, et ceci
directement au niveau
ministériel, pas à
des niveaux subalternes ;
- de mettre enfin
en place une vraie politique de
prévention de la Haine de
la Différence, contre la
transphobie autant que contre
l'homophobie, afin que cessent
les agressions et assassinats de
personnes transgenre et
homosexuelles.
Il y va de la
santé et de la vie de bon
nombre de citoyenNEs. Il y va du
respect de la déontologie
médicale, actuellement
bafouée très
régulièrement
dès qu'il s'agit de
personnes transgenre. Il y va de
la lutte contre l'exclusion dont
nos éluEs parlent tant
sans pourtant agir.
Et il y va aussi
de la crédibilité
d'un État qui se veut
républicain et qui se
proclame « pays de Droits de
l'Homme » : ces droits
commencent par le droit des
citoyenNEs à
l'auto-détermination, et
par la protection, et non pas
discrimination, de toutes les
minorités sociales.
Mesdames et
messieurs les éluEs et
fonctionnaires, assumez les
responsabilités de vos
fonctions ! La Loi vous oblige
à rendre des comptes aux
citoyenNEs, et les citoyenNEs
vous jugeront sur vos
actes.
Le 20 novembre
2006
Support
Transgenre Strasbourg
(www.sts67.org)
Trans Aide
(www.trans-aide.com)
Entraide
Transgenre Tours
(http://ett37.sts67.org)
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