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Les lieux
gay.
Les
années 60 voient l'apparition des
premières discothèques en
France. Le quartier de la rue Saint Anne
devient le quartier gay parisien.
A Metz, quelques lieux sont
également fréquentés
par une clientèle homos au
début des années 60 : Une
des premières discothèques
de Metz, le
KILT,
située au 2 rue de la Pierre Hardie
est tenue par un "sympathisant",
Dédé. La clientèle
n'y est pas ouvertement gay et la
discrétion est encore de mise.
Cette même clientèle se
retrouve aussi dans une cave de jazz
fréquentée par les
étudiants et qui donnera naissance
plus tard au Caveau des
Trinitaires.
Le premier vrai bar homo
messin, et déclaré comme
tel, ouvre vers la fin des années
60 rue des Clercs : "LE CLERIS". Pour entrer au
Cléris, il faut sonner devant une
lourde porte de bois à lucarne.
Exercice difficile quand on sait que la
rue des Clercs est une des rues les plus
fréquentées de Metz. La
lucarne s'entrouvre, et si vous êtes
un habitué, la porte fait de
même. Avant de devenir un
habitué, il faut être
"patronné" (pour ne pas dire
introduit) par un client qui connaît
l'établissement. Le Cléris
est tenu de main de maître par une
charmante dame dénommée
"Mona", d'ailleurs par soucis de
discrétion, les homos ne disent
jamais "hier, j'étais au
Cléris", mais plutôt "hier
j'étais chez Mona". Mona est la
femme d'un célèbre marchand
de sandwichs de la ville, elle est
secondée par son fils au bar et par
son neveu, Hector, qui assure à lui
seul le spectacle de travestis du
week-end. La clientèle est
exclusivement masculine. Un très
grand comptoir occupe la majeure partie de
l'établissement tout en longueur.
De petits box noyés au milieu des
tentures, des frou-frou et autres
paillettes accueillent les garçons
qui se libèrent de l'oppression de
l'époque à coup de baisers,
mais aussi de gloussements et
démarches efféminées.
Le Cléris restera longtemps
à Metz, le lieu de rendez-vous des
homosexuels qui s'assument. Les
soirées y sont parfois chaudes mais
toujours délirantes et sans
ambiguïté. Cet
établissement disparaît
à la fin des années 70 et
sera remplacé par ... un restau de
sandwichs (on ne disait pas encore
fast-food).
Les
événements.
C'est en 1960 qu'un membre du Conseil
Municipal de Metz, par ailleurs
député, associera son nom
à un amendement homophobe, classant
l'homosexualité au rang des
fléaux sociaux. Paul MIRGUET
réussit à faire voter par le
Parlement français son amendement
et les homosexuels auront à
souffrir de l'article 330 alinéa 2
du Code Pénal jusqu'en 1982. Avec
le recul des années, ce personnage
qui passa à l'époque
probablement pour un sauveur de notre
jeunesse en perdition est associé
aujourd'hui à l'image honteuse du
racisme et de la ségrégation
héritée du moyen
âge.
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