Lorraine Gay

 


 


:: LES ANNEES 20 ET LES ANNES 30 : Entre deux annexions

Les lieux gay de la Belle Epoque.
Alors qu'à Paris et à Berlin les établissements gay éclosent à la Belle Epoque, la vie de province est plus discrète. A Metz, pas de lieu gay... du moins officiellement. Car les homos de cette époque ont l'habitude de se rencontrer discrètement dans certains cafés de la ville mais aussi dans les vespasiennes et sur les bords de la Moselle.

Les Cafés.
Deux établissements ont la cote auprès des homos. Le "
CAFE DE LA LUNE" face à la cathédrale a une arrière-salle assez accueillante et masculine et la weinstube "LES BONS ENFANTS" située rue des Bons Enfants (aujourd'hui disparue et remplacée par le Centre St Jacques) est également connue du milieu. Mais tout cela se fait dans la plus grande discrétion au milieu d'une clientèle hétéro loin de se douter de ce qui se trame dans ces lieux. Les cabarets, bordels et autres établissements de plaisir hétéro situés dans le quartier St Ferroy (aujourd'hui disparu) et la rue des Jardins, alimentent aussi régulièrement la chronique pour des affaires de moeurs parfois particulières.

Café des Bons Enfants

Café de la Lune

Les bords de Moselle.
Autres lieux fréquentés assidûment par les homosexuels de toute la région en été : les plages et guinguettes du bord de Moselle, notamment celle de
Moulins-Plage. Rien d'officiel, ni de très visible (sauf pour les yeux exercés), la discrétion est de rigueur.

Moulins-Plage.
Dans les années 20, les guinguettes et bords de Moselle sont très fréquentés.
Cherchez la femme !

Les vespasiennes.
A cette époque, les homosexuels se rencontrent essentiellement dans les vespasiennes ou pissotières. Ces édifices, qualifiés entre autres de "tasses", font le bonheur des homos. Toutes les villes en sont dotées et Metz n'échappe pas à la règle. En outre, son coté "ville de garnison", avec ses 12 000 hommes, fait que les tasses sont plutôt alimentées régulièrement en jeunes bidasses qui goûtent ainsi aux plaisirs interdits. La "tasse" la plus réputée de Metz est située à proximité de la
Porte Serpenoise. A la tombée de la nuit, les ombres rodent autour de cet édifice, et l'on fait véritablement la queue pour satisfaire sa vessie, et probablement d'autres organes. En outre, les jardins du Palais du gouverneur tout près, peuvent abriter quelques échanges furtifs. D'autres pissotières sont également connues des pédés messins de l'époque : Place de la Comédie, près du théâtre, puis plus tard, celle de Bon Secours qui restera fréquentée jusque dans les années 80. Mais la police des moeurs veille, et la peur de se faire arrêter ne fait qu'augmenter l'excitation. N'oublions pas que si les relations homosexuelles entre adultes consentants ne sont pas interdites, les "épanchements" sur la voie publique tombent sous le coup de l'attentat aux bonnes moeurs.

 


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