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Stéphane
Aurousseau, Président de
l'Association Couleurs Gaies - août
2003
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Des agressions homophobes
ont eu lieu récemment dans notre
région, est ce qu'une association
comme Couleurs Gaies reçoit des
témoignages d'homophobie
?
Stéphane Aurousseau
:
L'homophobie est un
phénomène complexe qui se
décline en une multitude de
catégories. Les médias,
l'opinion publique et même les
personnes LGBT se concentrent sur la forme
la plus spectaculaire de l'homophobie : le
meurtre. La production des discours
homophobes ( insultes, railleries,
psychanalyse de comptoir, prises de
position officielles comme celle du
Vatican...) associée à
l'injonction morale qui est faites aux
personnes LGBT de rester discrètes
(c'est à dire invisibles) est
pourtant beaucoup plus criminogène
que les quelques marginaux qui se croient
autorisés à " casser du PD
". C'est bien l'homophobie qui pousse les
jeunes LGBT à se suicider sept fois
plus que leurs camarades
hétérosexuels de la
même tranche d'âge.
L'homophobie est donc comme un iceberg ;
le plus conséquent reste
caché. Avec une perception
militante aguerrie, les
bénévoles de Couleurs Gaies
reçoivent toutes les semaines des
témoignages indirects d'homophobie
: insultes, harcèlement
psychologique, discrimination...Ces
témoignages sont dits " indirects "
car les personnes ne viennent pas
témoigner pour demander
réparation mais plutôt
raconter le traumatisme qu'elles ont
vécues, souvent il y a longtemps.
Les témoignages directs, comme
celui ci-joint de Nicolas, sont rares.
© metz
gay août 2003
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