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Stéphane
Aurousseau, Président de
l'Association Couleurs Gaies
- janvier 2005 -
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1. En 2004, Metz a
accueilli pour la deuxième fois la
Marche des fiertés LGBT de Lorraine
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la principale association organisatrice.
Quel bilan pour cette deuxième
marche ?
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Si Couleurs Gaies a
effectivement été la
principale association organisatrice de la
1er Marche des fiertés LGBT de
Lorraine en 2003, l'édition 2004 a
été le résultat d'un
vrai travail collectif réunissant
la quasi-totalité des associations
LGBT de Lorraine. Cette fructueuse
collaboration a d'ailleurs donné
naissance à un collectif formel
chargé de l'organisation de la
Marche en 2005, à Nancy. La
structuration du collectif n'est pas un
détail administratif sans
importance : c'est la preuve que toutes
les associations LGBT de Lorraine se sont
appropriées
l'événement, processus
essentiel pour sa pérennité.
C'est aussi le signe de la maturité
du tissu associatif LGBT régional,
maturité de bonne augure pour les
combats militants à venir. La
Marche 2004 s'est aussi illustrée
par son côté revendicatif en
lien avec l'actualité nationale et
régionale. Je retiendrai le sit-in
rue Serpenoise où plus d'un millier
de personnes ont respecté une
minute de silence à la
mémoire des victimes de
l'homophobie et le mariage symbolique d'un
couple gai et d'un couple lesbien entre la
mairie et la cathédrale à
l'issue de la manifestation.
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2. Quels ont
été les autres temps forts
de 2004 pour Couleurs Gaies ?
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Il y a tellement de
moments forts en une année de vie
associative ! En janvier, nous avons
invité Monseigneur Gaillot. En
février, Couleurs Gaies a accueilli
les 9ème Rencontres de la
Fédération française
des CGL. En mars, Couleurs Gaies a
organisé un rassemblement
régional contre l'homophone pour
interpeller l'opinion publique et les
élus lorrains à propos de
l'agression de Sébastien Nouchet.
En avril, nous avons
commémoré les victimes
oubliées de la déportation.
Et puis il y a aussi le succès de
la diffusion de la mallette
pédagogique... sans oublier nos
deux grandes soirées disco qui ont
réuni respectivement 700 et 800
personnes, à Fleury en
février et à Solgne en
novembre.
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3. Y a-t-il eu des
déceptions, des objectifs non
atteints ?
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Les projets dont Couleurs
Gaies s'est investie ont été
menés à terme avec
succès. Maintenant, il y tant
d'autres projets que nous avons dû
mettre de côté faute de
bénévoles. Malgré le
dynamisme et la diversité des
activités organisées par
notre association, nous avons beaucoup de
difficulté à dépasser
la barre des 200 adhérents. C'est
comme partout, la plupart des gens se
servent, mais ne veulent rien donner...
Les homos se complaisent à croire
que l'acceptation de
l'homosexualité est une pente
irréversible et naturelle de
l'histoire. C'est oublier que tout ce que
nous avons obtenu ne nous a pas
été concédé
généreusement mais a
été arraché au
pouvoir à la suite de nombreux bras
de fer.
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4. Chacun sait que les
associations homosexuelles ne
bénéficient pas toujours de
subventions des collectivités
locales. Quelle est la situation de
Couleurs Gaies sur ce sujet ? Comment se
finance-t-elle ?
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Couleurs Gaies est 100 %
autonome pour ses frais de fonctionnement,
faute de pouvoir bénéficier
de la moindre subvention de la part des
collectivités territoriales (mairie
de Metz, conseils général et
régional). Nous finançons
notre local grâce aux recettes de
nos soirées disco. Cette
année, nous avons traversé
une crise financière sans
précédent, faute de
réussir à organiser une
troisième soirée disco. En
effet, non seulement la mairie de Metz ne
nous subventionne pas, mais en plus rend
inaccessibles ses infrastructures à
la plupart des associations de Metz, en
pratiquant des tarifs prohibitifs. Pour
louer une salle à la Foire
Internationale de Metz, il ne faut pas
moins de 5000 euros! Il faut compter au
minimum 8000 euros pour organiser une
soirée aux Arènes!
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5. De nombreuses villes
ont leur festival de films ou spectacles
gay, Couleurs Gaies organisait le sien par
le passé, pourquoi avoir
arrêté ?
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Il s'agit tout simplement
d'un redéploiement
stratégique de l'énergie
bénévole dont nous
disposons. En d'autres termes, ceux qui
organisaient le festival par le
passé ont souhaité
s'investir dans la Marche des
fiertés LGBT de Lorraine. Ils l'ont
fait d'autant plus facilement que
l'organisation d'un festival ne se
justifie plus à Metz d'un point de
vue militant. Aujourd'hui, il est facile
à Metz d'avoir accès
à une programmation culturelle
qu'on ne pouvait produire auparavant que
dans le cadre d'un festival. De plus, la
fréquentation des salles a tendance
à diminuer pour un
événement culturel qui se
prolonge sur une semaine. Sur la base de
ce constat, nous envisageons cette
année d'organiser plusieurs
journées culturelles dans
différentes villes moyennes
où il est encore impensable de voir
certains films à l'affiche.
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