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Dominique Weyant, Vice Président de
Couleurs Gaies, Responsable du projet
mallette pédagogique (interview
août 2003)
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Comment est elle
reçue par les
intéressés ?
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Dominique WEYANT :
Les
enseignants qui ont testé la
mallette (et les associations LGBT) ont
réservé un très bon
accueil. Il s'agit d'un outil innovant et
utile qui s'intègre notamment
à l'éducation à la
citoyenneté et qui répond
à un réel besoin. Par
ailleurs c'est un outil très
complet (livres, vidéo, livret
pédagogique). Certains
professionnels sont plein de bonne
volonté, mais sont démunis
pour aborder la thématique de
l'homophobie. Sinon, pour les autres
enseignants, l'accueil est plutôt
timide, l'homosexualité (et
l'homophobie) étant toujours un
sujet très tabou. Les
élèves ont dans leur
majorité bien accueilli la
mallette. Il existe cependant des
différences de comportement : la
thématique de
l'homosexualité est mieux
acceptée par les filles, davantage
par les jeunes n'ayant pas une forte
conviction religieuse, davantage aussi
dans les lycées classiques.
Concernant les institutions d'Etat (DDASS
57, Codes 57, Rectorat de Nancy-Metz,
Inspection d'académie de la
Moselle), la situation est plus complexe.
Il y a eu de leur part une écoute
durant les deux années de tests
(obtention de subvention, autorisations
limitées pour réaliser les
tests) même si de très
nombreux blocages existaient (plusieurs
responsables souhaitent que le projet
s'arrête au plus vite). En revanche,
ces partenaires se sont retirés du
projet lorsqu'on leur a proposé de
passer à la phase de diffusion. Ils
ont avancé des arguments
fallacieux, en proposant une année
supplémentaire de test pour un
approfondissement méthodologique.
En fait, il s'est rapidement
avéré que leurs exigences
sont largement supérieures à
ce qui est habituellement demandé
pour des projets analogues. Ils ne veulent
pas endosser la responsabilité de
la diffusion. C'est dommage, d'autant plus
qu'il existe désormais des textes
officiels de l'Education Nationale qui
légitime le thème de
l'homophobie en milieu scolaire. On
s'aperçoit alors du décalage
entre un discours officiel prônant
le respect de tous et les pratiques sur le
terrain. On s'aperçoit
également du décalage entre
les professionnels de l'éducation
et de la santé qui font un travail
sur le terrain indispensable avec les
jeunes, et leurs supérieurs
hiérarchiques qui bloquent les
bonnes volontés et les initiatives.
Il sera intéressant de voir la
réaction des institutions d'Etat
lors de la prochaine diffusion de la
mallette.
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