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3 mois ferme requis pour l'agresseur homophobe
Palais de JusticeTrois mois ferme ont été requis contre l'agresseur de la jeune fille lesbienne qui avait été frappée à la tête en août dernier rue Serpenoise (lire notre article).
Le procès qui s'est tenu hier 17 mai au Tribunal de Metz, le jour même de la Journée Mondiale de Lutte contre l'homophobie, a été l'occasion pour l'association Couleurs Gaies de se porter Partie Civile dans cette affaire.
L'accusé s'est défendu de tout acte homophobe en déclarant : "«Je ne pouvais pas savoir qu'elle était homosexuelle. Je l'ai insultée parce qu'elle était laide, je lui ai dit "Oh la grosse moche"». Malheureusement pour lui, les témoins de la scène ont bien confirmé qu'il avait proféré des insultes homophobes. Ce caractère homophobe de l'agression, qui avait entraîné une hospitalisation de la victime et 4 jours d'incapacité temporaire de travail, a bien été retenu par la partie civile qui considère que l'agresseur n'avait pas supporté de voir deux femmes se tenir par le bras. L'avocat de la défense a estimé qu'il s'agissait d'un "procès confisqué par la promotion de la lutte contre l'homophobie". Il rajoute, concernant la coïncidence avec la journée mondiale contre l'homophobie que "ça tombe un 17 mai... c'est un hasard du calendrier qui le dessert manifestement". L'audience qui était effectivement prévue le 25 juin 2010 avait été reportée au 17 mai en raison de l'absence de l'avocat de la défense lors de la première audience.
Cette attitude des agresseurs homophobes est malheureusement de plus en plus courante : A la lâcheté de l'agression (l'agresseur était soutenu par deux copains lorsqu'il a frappé la victime), se rajoute la lâcheté de l'attitude de personnages qui n'assument même pas leurs prises de positions homophobes et qui se font passer pour les victimes du "lobby gay".
Le Procureur de la République a donc demandé 3 mois de prison ferme et la révocation d'un précédent sursis d'emprisonnement de 2 ans.
Le jugement a été mis en délibéré au 31 mai.
De nombreuses réactions s'élèvent déjà contre la clémence d'un tel jugement s'il devait se confirmer le 31 mai et s'interrogent sur le poids de l'homophobie comparé à d'autres types de discriminations, basées notamment sur la religion.

information mise en ligne le 18/05/10