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Koltes récupéré ?
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A
l'occasion des événements organisés par la ville de Metz pour le 20e
anniversaire de la mort de Bernard-Marie Koltès, l'association messine
Couleurs Gaies s'étonne de la récupération d'une citation de Koltes
mise en avant dans une oeuvre exposées sur le parvis de l'église Sainte
Thérèze. Cette oeuvre reprend la citation "Que dieu me pardonne" en
oubliant simplement le reste de la phrase écrite par Koltès dans un
courrier adressé à un ami : "tu serais content ici, les Brésiliennes
sont sacrément entreprenantes, quel cauchemar, heureusement qu'elles
ont des frères, que Dieu me pardonne».
D'une phrase ironique écrite par Koltès en allusion à son
homosexualité, on en fait une citation pieuse qui laisserait croire que
Koltès était un bon catholique, dévot, à l'image de la bourgeoisie
messine étriquée qu'il exécrait.
Les mensonges et les oublis de l'histoire qui ont permis toutes les
réécritures et surtout qui ont toujours expurger toute allusion à
l'homosexualité dans les oeuvres de nos poètes et écrivains nationaux,
ces mensonges et oublis sont toujours en vigueur à Metz.
Devant la dénonciation de l'association Couleurs Gaies, les
organisateurs, l'artiste, la municipalité ou l'évéché se renvoient la
balle. Metz a décidemment du mal à sortir de l'ère moyennageuse qui
avait été perpétuée par l'ancienne municipalité faisant de cette ville
un musée totalement déconnecté avec son époque.
En réaction, Couleurs Gaies expose devant son local rue des Tanneurs
une oeuvre d'un étudiant des beaux arts qui reprend l'intégralité de la
citation de Koltès.
Pour info :
Présentation de Koltès faite par Lorraine Gay : cliquer ici.
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