Madame, Monsieur
le sénateur /
député
/maire
Le 10 janvier
2006 a été rendu
public un 'manifeste pour la
défense du droit
fondamental de l'enfant
d'être accueilli et de
s'épanouir dans une
famille composée d'un
père et d'une
mère'. Il était
signé par 174
parlementaires, tous appartenant
au groupes UDF et UMP.
Le 20 janvier
2006, le Collectif 'Maires pour
l'enfance' a annoncé
être dépositaire des
signatures de prés de
12.000 maires qui se sont
prononcés contre
l'homoparentalité et
l'ouverture du mariage aux
couples de même sexe. Parmi
ces 12.000 maires, seuls 50 ont
accepté de voir publier
leur nom. En Lorraine, seuls 2
des maires signataires de cette
pétition sur 818 ont
accepté de voir publier
leur nom.
Nous,
responsables des associations de
défense du droit à
l'égalité des
personnes lesbiennes, gais, bi et
trans de Lorraine, souhaitons
d'abord manifester notre
étonnement aux 816 maires
de Lorraine qui n'ont pas le
courage d'assumer leur opinion
devant leurs électeurs et
leur conseil municipal,
escamotant ainsi le débat
public au profit de leurs
croyances personnelles. Nous
regrettons les manoeuvres
politiques dont vous, élus
munis d'un mandat local ou
national, vous vous rendez
complices en apportant votre
soutien à des actions
visant à verrouiller le
débat parlementaire qui
doit s'engager à la suite
du vote du rapport de la Mission
d'information sur la famille et
les droits de l'enfant
prévu ce mercredi 25
janvier.
Notre pays repose
sur les valeurs
républicaines de Respect,
de Tolérance et
d'Egalité. C'est au nom de
ce droit fondamental à
l'Egalité que nous
demandons une
équité
législative à
laquelle chaque citoyen
français peut
prétendre, quelles que
soient son orientation sexuelle
ou son identité de
genre.
Nier l'existence
de l'homoparentalité ne
tient en aucune manière
compte des réalités
sociales actuelles. On estime
aujourd'hui qu'entre 100 000 et
500 000 enfants sont
élevés par au moins
un parent lesbien, gai, bi ou
trans. L'homoparentalité
est une réalité
indubitable qui se
développe hors du cadre de
toute législation, or, il
est dans l'intérêt
de l'enfant, de ses parents, de
sa famille, de remédier
enfin à ce flou
juridique.
De nombreuses
études sociologiques
démontrent que
l'éducation d'un enfant
par un couple de même sexe
n'est nullement
générateur de
traumatisme spécifique.
Tous les discours
réfractaires ou
réticents à
l'adoption homoparentale,
l'ouverture du mariage ou de la
procréation
médicalement
assistée aux personnes de
même sexe s'appuient sur
des considérations
morales, éthiques ou
idéologiques toutes
relatives, souvent
déconnectées des
réalités
sociales.
Vous
considérez que " le droit
de l'enfant est d'être
accueilli et de s'épanouir
dans une famille composée
d'un père et d'une
mère ", ce qui remet en
question de nombreuses lois
déjà
établies. Que penser du
droit d'un ou d'une
célibataire à
adopter ? Comment
considérer les familles
monoparentales ? Que dire des
parents divorcés ou des
familles recomposées
?
Notre position
n'est en rien " d'ériger
en normes "
l'homoparentalité, mais
bien plus simplement de
protéger parents et
enfants par des dispositifs
législatifs et des
processus légaux.
Nos associations
militent depuis des années
afin que l'ensemble des citoyens
lesbiens, gays, bis, trans
accède enfin à une
égalité de droits
effective, comme tout un chacun.
Cependant, notre but n'est pas de
convaincre aveuglément,
nous restons persuadés que
le dialogue demeure le plus
sûr et le plus durable
moyen pour expliquer notre
position et nos idéaux.
C'est à ce titre que nous
vous invitons à venir nous
rencontrer, afin d'ouvrir le
débat ensemble et
d'échanger nos points de
vue sur ces questions de
société qui
concernent de nombreux citoyens,
quelles que soient leur
orientation sexuelle ou leur
identité de genre.
Dans l'attente de
votre réponse, nous vous
prions d'agréer, Madame,
Monsieur le député
/ sénateur /maire nos
sentiments respectueux.
Pour tout
contact,
A Sarreguemines :
Christophe OCHS, président
d'Emergence au
06.10.95.32.20.
A Nancy : Kristof
ARROYO, président
d'Homonyme au
06.86.47.84.65.
A Metz :
Stéphane AUROUSSEAU,
président de Couleurs
Gaies au 06.61.56.93.84.