Lorraine Gay

 


 

LES SEX-CLUBS
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 > Sex-Club et Sida

Certains lient la propagation du sida à la multiplication des sex-clubs. Il y a probablement une petite confusion à ce niveau. C'est la multiplication des relations sexuelles qui favorise la multiplication des MST et pas celle de la nature des lieux. Ces lieux étant le théâtre de nombreux orgasmes quotidiens, on ne peut pas contester que les transmissions de MST sont plus fréquentes dans un sex-club que dans votre chambre à coucher. Mais avant l'apparition des sex-clubs les gays se rencontraient dans les parcs et les pissotières, les relations n'étaient pas moins nombreuses q'aujourd'hui et l'hygiène des lieux de rencontre était plus contestable. Donc si statistiquement il est plus risqué d'attraper une MST dans un sex-club que chez vous, il n'en demeure pas moins que la précaution ne réside pas dans le lieu où on souhaite avoir une relation sexuelle mais dans la pratique elle-même et dans la volonté de se protéger. N'oublions jamais qu'il suffit d'une seule relation pour devenir séropositif. Milles relations protégées ou safe sont mille fois moins dangereuses qu'une seule relation sans préservatif. C'est là que la chambre à coucher peut devenir plus dangereuse que le sex-club. Il est très facile de refuser une relation non protégée dans un sex-club. Votre partenaire ne se formalisera pas de votre refus et vous pourrez passer à un autre garçon plus respectueux de sa santé et de la vôtre. En outre, dans ce type d'établissement, on considère par défaut que chaque personne peut représenter un risque potentiel et on sera d'autant plus prudent. Il n'en est pas de même dans votre chambre à coucher. Si le garçon que vous convoitez depuis des mois vous fait enfin le plaisir de se donner corps et âme dans la chaleur intime de votre lit, le sentiment d'avoir affaire à quelqu'un de sûr peut dominer. Ce sentiment est évidemment un faux ami, car le risque est le même avec cet ange qui paraît totalement vierge qu'avec le gros baiseur, pilier du sex-club de votre quartier. En plus, vous n'allez pas vous contenter de deux caresses et d'une branlette en 30 secondes, vous allez lui démontrer que vous êtes le dieu de l'amour et que vous ne reculez devant aucune extravagance. Donc chambre à coucher = attention danger.

Par ailleurs, les établissements de sexe se doivent donc de mettre à la disposition de leurs clients de l'information sur les MST, de la signalétique pour promouvoir le safer sexe et surtout des préservatifs en accès libre et gratuit, ce qui est généralement le cas de tous les sex-clubs gay. Aujourd'hui, les grands « consommateurs » des « fast-sex » sont généralement mieux informés sur les pratiques à risques que le jeune adolescent qui démarre sa vie sexuelle. Les pratiques sexuelles les plus répandues dans un sex club sont les caresses et la co-masturbation, les fellations sont de moins en moins fréquentes et la sodomie de plus en plus rare. Quant au bareback, il s'agit d'un autre sujet, plus lié au comportement qu'au lieu. En résumé, ce n'est pas en fermant les sex-clubs qu'on mettra fin à l'épidémie de sida car les pratiques demeurent en se déplaçant sur d'autres lieux. Le sex-club permet au moins de pouvoir cadrer les pratiques par de l'information et de la prévention. Oui au plaisir, non aux relations non protégées.

 

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