:: Enquête de l'ILGA Europe de mai 2010 sur les pays les plus
gay-friendly d'Europe.
L'ILGA
Europe, membre de l'ILGA (INTERNATIONAL LESBIAN, GAY, BISEXUAL,
TRANS AND INTERSEX ASSOCIATION) a publié en mai 2010 une grande enquête
sur les pays européens les plus gay-friendly. La France, pays des
droits de l'homme, ne se classe qu'en 11ème position sur 50 pays
analysés. Les 3 pays les plus gay-friendly du continent sont la Suède,
la Belgique et la Hollande. Les critères retenus pour établir ce
classement sont : la législation anti-discrimination, la reconnaissance
du mariage ou du partenariat entre couples du même sexe, la position
vis-à-vis de l'homoparentalité, mais aussi les actes délibérés des
états, de violation de la liberté d'expression ou de la liberté de se
réunir. Les 3 pays en dernière position sont la Turquie, l'Ukraine et
la Russie.
La France a donc pris un retard important par rapport à ses voisins.
Pourtant cela n'empêche pas "La Maison de la France" de continuer à
cibler le tourisme gay à l'étranger. Depuis 1999, elle a multiplié les
salons et les campagnes de publicités auprès des touristes homosexuels,
en particulier américains. La campagne "Gay Friendly France" de 1999 a
fait des émules en Europe et en Amérique et de nombreux pays rivalisent
aujourd'hui sur ce terrain LGBT pour attirer ces touristes
convoités. Mais ce décalage entre le discours et les faits commence à
lui être défavorable. L'Espagne ou le Portugal, où le mariage
homosexuel est autorisé, commencent sérieusement à avoir la préférence
des gays européens et américains. En dehors de la très catholique
Italie et des anciens pays de l'Est dont les m½urs sont restés calés
sur les années 40, pas un pays européen ne néglige aujourd'hui cette
clientèle.
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Enquête 2009 de Têtu sur les villes les plus gay-friendly de France.
En 2009, le magazine Têtu avait publié un palmarès des villes
gay-friendly de France. Les 3 premières villes du classement étaient
Lyon, Montpellier et Lille. Seules villes de Lorraine à figurer dans ce
classement, Metz et Nancy. Metz arrivait en 13ème position, juste après
Nice et Nancy en 19ème position sur 33 villes sélectionnées. Les
critères qu'avait retenu Têtu pour son classement étaient : la
politique municipale, la lutte contre l'homophobie, la dynamique
associative, les lieux de sociabilité et la vie culturelle.
Voici les résultats 2009 par catégorie et le positionnement de Metz et
Nancy dans chacune de ces catégories :
N° 1
N° 2
N° 3
Classement de Metz
Classement de Nancy
Politique municipale
Lyon
Lille
Nantes
24ème sur 33
23ème sur 33
Lutte contre l'homophobie
Montpellier
Rennes
Toulouse
15ème sur 33
26ème sur 33
Dynamique associative
Metz
Lyon
Nantes
1ère sur 33
17ème sur 33
Lieux de sociabilité
Bordeaux
Lyon
Le Mans
20ème sur 33
11ème sur 33
Vie culturelle
Lille
Toulouse
Lyon
17ème sur 33
15ème sur 33
Globalement, nos villes lorraines étaient plutôt situées au milieu du
classement, avec néanmoins, une place de choix pour Metz en ce qui
concerne la dynamique associative puisque le magazine Têtu avait classé
Metz en tête des 33 villes françaises pour le dynamisme de ses
associations LGBT, incarnées à Metz par l'association Couleurs Gaies.
Grâce à la performance de Couleurs Gaies, Metz était donc mieux classée
que Nancy au classement général.
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Palme d'or 2010 IDAHO décerné à la ville d'Amiens. Le
comité Idaho (International Day Again Homophobia and Transphobia) a
décerné la Palme d'Or 2010 à la ville d'Amiens le 12 mai dernier. La
ville qui était classée 27ème sur 33 dans le classement Tetu de 2009
avait
réagi pour changer cette image. La délégation de la lutte contre les
discriminations et l'égalité des droits de la municipalité est à
l'origine de plusieurs actions, dont une semaine de colloques et de
manifestations sur le thème de la prévention de l'homophobie. Elle va
aussi lancer une charte des droits des homosexuels dans la vie
quotidienne en engageant le monde de l'entreprise, du commerce, de
l'enseignement et de la santé. Le responsable "égalité" de la ville,
Jean-Claude Ester, reconnait modestement que c'est le mauvais
classement décerné en 2009 par Têtu qui l'a fait réagir et a servi de
détonateur. Depuis, Amiens, qui ne disposait pratiquement d'aucun
commerce LGBT ni d'association, s'est dotée d'une nouvelle association
LGBT dynamique, le GLAM, et de quelques établissements LGBT.
Palme d'Or IDAHO 2010
Campagne de la
mairie d'Amiens contre l'homophobie
2. LE TOURISME GAY ET LESBIEN
EN FRANCE ET DANS LE MONDE
:: Promotion des villes
auprès de la communauté LGBT dans le monde.
Depuis près d'une dizaine d'années, en dehors de quelques spots gays et
lesbiens comme Ibiza, Mykonos, Sitgès, Playa del Inglès, de nombreuses
capitales et villes importantes à travers le monde ont développé un
marketing promotionnel particulier sur la cible de la clientèle LGBT.
Ces actions viennent conforter le caractère tolérant et ouvert des
cités et ont pour objectif d'envoyer un message positif au delà même de
la communauté LGBT. Une ville touristique doit, par définition, être
ouverte à toutes les cultures et sensibilités, accueillante envers les
étrangers quel que soit leur mode de vie. En s'adressant aux gays et
aux
lesbiennes qui font encore souvent l'objet d'ostracisme dans les
structures d'accueil touristique (centres de vacances, hôtels, chambres
d'hôtes, etc...), les offices du tourisme incitent ces structures à
s'ouvrir mais aussi encouragent l'expression artistique homosexuelle,
proposent des événements spécifiques et éditent des guides en direction
de la clientèle homosexuelle. Evidemment, ces campagnes ont aussi un
fort retour sur investissement. Le touriste homosexuel a en moyenne des
revenus 3 fois supérieurs au touriste lambda. Il consacre une part
importante de son budget aux voyages, aux sorties, à la culture et
privilégie des hôtels et produits de luxe. Rien que les retombées de la
Gay Pride de Berlin sont évaluées à 135 milion d'euros. Ce qui a
incité la ville à multiplier les événements LGBT tout au long de
l'année.
Campagnes publicitaires de
villes en direction de la communauté LGBT
Tel Aviv
Vienne
New-York
Ottawa
Le Cap
:: Les pionniers en France.
Paris a
compris très tôt l'intérêt de cibler le public homosexuel et ses
campagnes à destination des gays américains, par des brochures et une
section spécifique du site internet de l'office du tourisme de Paris,
fait qu'aujourd'hui la ville accueille environ 300 000 homosexuels
américains chaque année (enquête Community Marketing). En 2009 elle a
été élue ville gay la plus sexy du monde par l'agence "Tripout Gay
Travel".
En
dehors de Paris, d'autres
villes et quelques collectivités locales avaient été pionnières dans la
lutte contre l'homophobie mais aussi pour l'accueil non discriminant
des gays et des lesbiennes. Depuis 2002, la ville du Mans et
son
office du tourisme avaient rassemblé les associations LGBT de la ville
et un grand nombre de commerces autour d'une charte "Bienvenue au
Mans". Cette charte engageait les établissements signataires
à garantir une qualité d'accueil de la clientèle gay et
lesbienne comparable à celle du reste de la population, ni plus ni
moins. Un
autocollant avait été accolé aux vitrines des commerces signataires,
pour la grande majorité non communautaires. Plus d'une quarantaine de
commerces du centre de cette ville moyenne avaient signé la charte et
apposé l'autocollant.
Cette charte, toujours d'actualité, fait du Mans une destination très
appréciée des gays entre Paris et la Bretagne et les commerçants
signataires n'ont eu qu'à s'en féliciter. Autre
collectivité particulièrement dynamique pour l'accueil des gays et des
lesbiennes, le département du Gers,
à travers son Comité Départemental
du Tourisme. Là aussi, une charte "Gers Friendly" a été mise en place
dès 2005, avec l'édition de brochures destinées aux gays et lesbiennes,
la garantie d'un accueil non discriminant, des manifestations à
destination des gays et lesbiennes. En avril de cette année,
l'association "les Gais Musette", s'était vu refusé l'hébergement d'un
stage de danse par une association ardèchoise, au nom de la "protection
des enfants". Aussitôt, encouragée par Gers Friendly, une structure
d'accueil dans le département du Gers s'est proposée d'accueillir cette
association plutôt conviviale et bon enfant des Gais Musette. Les
chambres d'hôtes, où l'accueil convivial et familial est souvent
extrêmement discriminant envers les gays et les lesbiennes, ont vu
aussi
se multiplier dans le département des adresses ouvertement favorables à
l'accueil LGBT.
Aujourd'hui, la plupart des grandes villes françaises font des efforts
pour attirer la clientèle touristique gay. Mais comme le Mans, les
villes moyennes ne sont pas en reste. A Saint Etienne, où
l'offre commerciale et associative LGBT est nettement inférieure que
celle de Metz ou Nancy, Totem,
l'office de tourisme de Saint Etienne Métropole, propose sur son site
internet toute une section "gay friendly" avec différents chapitres : "Où boire un verre ? Où
manger ? Où dormir ? Clubbing. Monde associatif. Evénements. Loisir et
détente." La ville de Cannes
a lancé "Cannes Rainbow" une charte qui assure aux gays un respect
total de leur intimité. Les signataires de la charte s’engagent à
l'égalité de l'accueil, l'application à tous des offres de
promotion du type "lune de miel", l'information sur la vie
gay de
la ville, la formation des personnels à l'accueil, au respect
et
à l'attention à apporter aux clients. Un site internet est même dédié à
cette opération. Parmi les établissements prestigieux ayant signé la
charte : le célèbre palace Le Carlton. L'Ile
de la Réunion,
à travers son Comité du Tourisme, a lancé en 2007 une charte d'accueil
"gay-friendly" signée par une cinquantaine d'établissements sur l'ïle.
La communication du Comité du Tourisme met en avant le caractère gay
friendly des habitants.
Site de l'Office de tourisme
de Paris : Toute une section réservée aux touristes gay.
Site de l'Office du Tourisme
de Saint Etienne : 6 pages consacrées aux touristes gays.
Site de l'Office de tourisme
de Lyon : Toute une section gay friendly
Site de l'Office de tourisme
de Montpellier : Toute une section gay friendly
Pour évaluer la qualité de l'accueil touristique de nos deux villes
lorraines, nous avons consulté un certain nombre de sites et agences de
tourisme spécialisés dans le tourisme LGBT, nous avons interrogé des
touristes homos de passage à Metz et Nancy, avons répertorié les
établissements touristiques qui font un effort particulier en direction
de la clientèle LGBT et nous avons testé l'accueil des offices de
tourisme de Nancy et Metz.
::
L'hébergement
Parmi
les chaînes d'hôtels, le groupe Accor, à travers son concept "Suite
Hôtel", vise clairement la clientèle gay. Suites de 30 m2, mobilier
design, équipement internet et vidéo "Suite box", relaxation... Suite
Hôtel, qui possède un établissement à Nancy dans le quartier Stanislas
Meurthe, inscrit ses établissements dans tous les guides gay, et lance
régulièrement des campagnes publicitaires sans ambiguïté en direction
de la clientèle gay.
Les agences et sites spécialisés dans le tourisme LGBT :
touristiquementgay.com.
Ce
site spécialisé dans le tourisme international gay friendly considère
que les 7 villes les plus gay-friendly de France sont Paris,
Montpellier, Cannes, Marseille, Nice, Toulouse et Bordeaux.
70
destinations touristiques en France sont proposées aux gays. Ni Metz ni
Nancy ne figurent dans ces destinations.
gay-provence.org.
Contrairement à ce que son nom indique, ce site est un site national
qui répertorie tous les hôtels, chambres d'hôtes et gites français qui
offrent un accueil sans discrimination aux touristes LGBT, voire qui
s'adressent en priorité à cette clientèle. Notre région est une des
plus pauvres de France en ce domaine. Seuls deux gites sont cités, le
Pré Moelin et le Chalet du Vixard à proximité de Gérardmer. Aucun
hôtel, aucune chambre d'hôtes, et rien à proximité de Metz et de Nancy.
gayvasion.com
Ce site spécialisé dans les vacances gay à travers le monde ne
répertorie que 3 destinations touristiques gay-friendly en France :
Paris, Nice et Cannes.
gayjourney.com
Gay and Lesbian Travel Center. Ce site international recense dans
chaque pays et dans chaque région, des établissements d'hébergement gay
friendly. 50 établissements parisiens et 160 établissements en région
ont été répertoriés mais aucun en Lorraine.
lestbookhotel.com
Cette centrale internationale de réservation d'hôtels propose un
chapitre réservé aux hôtels qui offrent un accueil gay friendly. Ces
informations sont issues des déclarations des hôtels mais n'imposent
aucune charte particulière. 6
hôtels à Nancy et 3 hôtels à Metz indiquent dans leur présentation
qu'ils sont gay-friendly :
Metz :
- Hôtel Métropole - 5 place du Général de Gaulle
- Escurial - 18 rue Pasteur
- Grand Hôtel de Metz - 3 rue des Clercs
Nancy :
- Best Western Crystal Nancy Centre - 5 rue Chanzy
- Hôtel Américain - Place André Maginot
- Hôtel des Prélats - 56 place Mgr Ruch
- Parc Inn Nancy - 11 rue Raymond Poincaré
- Les Portes d'or - 21 rue Stanislas
- La Résidence - 30 boulevard Jean Jaurès
NB. Ces hôtels n'offrent aucun service particulier à la clientèle LGBT.
Aucune mention de leur
caractère "gay-friendly" n'apparait sur leurs propres sites internet,
des fois que cela ferait fuir la clientèle traditionnelle. Ils indiquent simplement dans
certains sites internet extérieurs qu'ils ne font aucune discrimination
envers
leurs clients et traitent les couples homosexuels sur le même plan que
les couples hétérosexuels. Ce qui sous-entendrait que les
autres
établissements ne considèrent pas ce critère comme important ?
En résumé, aucun hôtel de Metz ou de Nancy n'est adapté pour accueillir
et renseigner la clientèle LGBT. Le personnel n'est pas toujours
sensibilisé à la non discrimination, impossible d'y trouver la presse
LGBT ou un guide des lieux gais.
Des touristes homosexuels étrangers interrogés sur l'accueil dans les
hôtels messins et nancéiens sont assez mitigés sur la qualité de cet
accueil. Lorsqu'un couple de même sexe se présente à la réception de
l'hôtel, tout se passe généralement sans trop de problème, même quand
il est demandé un grand lit pour deux. Mais la prise du petit déjeuner
dans la salle de l'hôtel reste souvent encore une épreuve. Les regards
dédaigneux de certains couples hétérosexuels, souvent âgés, et les
commentaires à voix basse sont encore fréquents. On a même pu entendre
de la part de clients, qui visiblement se sont arrangés pour être bien
entendus : "Il y en a de plus en plus, bientôt ils seront les maîtres
partout". Evidemment, l'hôtellier n'est pas responsable de l'attitude
de sa clientèle. Mais le personnel de chambre non plus n'affiche pas
toujours un
regard sympathique lorsque deux personnes de même sexe partagent une
chambre. Lorsqu'on n'oublie pas de dire bonjour, c'est parfois "un
bonjour monsieur dame" volontaire qui est asséné avec un sourire
provocateur.
Metz
Nancy
:: La restauration
Il
n'existe aucun restaurant gay ou lesbien à Metz ou à Nancy, comme on
peut en trouver dans certaines grandes villes européennes.
En
revanche, certains établissements ont la préférence des gays et des
lesbiennes soit parce qu'il sont tenus par des gays ou des lesbiennes
soit parce qu'ils affichent leur accueil gay friendly. Pour afficher
son caractère gay friendly, les restaurants communiquent auprès des
guides LGBT, achètent des publicités dans les supports LGBT ou
affichent sur leurs vitrines un petit autocollant arc-en-ciel. Bien
évidemment, ils sont aussi accueillants envers les gays et les
lesbiennes comme avec leurs autres clients. Ils figurent dans des guides
LGBT :
- La Chamade - Nancy
- Le Bistrot de Gilles - Nancy
- Le San Lorenzo - Nancy
- Le Square des Maréchaux - Nancy
- Le Lobo Tapas - Metz
Ils communiquent dans les supports LGBT :
- L'Auber'In - Nancy
- Le San Lorenzo - Nancy
- Le Noodle Asian Food - Metz
Ils affichent un autocollant arc-en-ciel en vitrine :
- Le Bistrot de Gilles - Nancy
- Le Crep' Show - Nancy
- La Table Gourmande - Nancy
Seul
le restaurant San Lorenzo, 1 rue des Carmes à Nancy, s'engage
activement aux cotés de la clientèle LGBT puis qu'il est ouvert aux
repas mensuels des associations gay ou trans de la ville, distribue de
l'information LGBT, soutient chaque année la marche des fiertés, même
lorsqu'elle se déroule à Metz.
Il est assez paradoxal de
constater, notamment à Metz mais aussi à Nancy, que certains
restaurants tenus par des gays et fréquentés assidument par cette
clientèle, se montrent extrêmement frileux lorsqu'il s'agit de faire
preuve d'un peu de visibilité. Aucune documentation à disposition des
gays, aucun signe de visibilité extérieure, aucune affiche de soirées
ou d'événements LGBT et pour certains d'entre eux, refus catégorique de
figurer dans les guides LGBT de peur d'effaroucher le reste de leur
clientèle. Chacun est évidemment libre de promouvoir son commerce comme
il l'entend, mais si ce genre de réaction existe dans nos villes c'est
peut-être que le mélange des clientèles gay-hétéro n'est possible que
lorsque les gays restent minoritaires et discrets et parce que
la
clientèle hétéro n'est pas encore prête à accepter une présence
d'homosexuels trop visibles.
Les touristes homosexuels étrangers
interrogés sur l'accueil des restaurateurs messins et nancéiens
trouvent que cet accueil est plutôt, dans l'ensemble, agréable et non
discriminant. Ils n'ont jamais senti d'hostilité marquée à leur égard
et même parfois une certaine complicité. En revanche, et cela vaut
aussi pour l'ensemble des touristes étrangers, il est très regrettable
que pratiquement aucun restaurateur n'affiche à l'extérieur de cartes
en anglais ou en allemand. Comment choisir son restaurant quand on ne
parle pas français ? Nous avons donc fait un rapide sondage dans les
quartiers touristiques de nos deux villes. A Nancy parmi la trentaine
de restaurants situés entre la place Stanislas, la rue Gourmande et la
vieille ville, seuls deux restaurants proposaient à l'extérieur des
cartes en anglais et en allemand (La Winstub et la Bella Vista). A
Metz, malgré l'ouverture du Centre Pompidou sensé attirer une clientèle
internationale, dans le quartier de la cathédrale et de la place de
Chambre, pas un seul restaurant ne propose de cartes extérieures en
anglais ou en allemand. Si on mesure le caractère international d'une
ville, nos deux villes lorraines ont encore beaucoup de
progrès à
faire sur ce point.
Metz
Nancy
::
L'accueil des offices de tourisme.
Souvent
le passage à l'office de tourisme est le premier contact qu'un touriste
peut avoir avec une ville et ce premier contact est déterminant dans
l'image qu'aura ce touriste de la ville visitée. La facilité pour
trouver le bureau de l'office de tourisme, la chaleur de l'accueil,
l'expression en langues étrangères du personnel mais aussi des
documents distribués et la précision des réponses sur des thèmes
particuliers, sont des points déterminants pour juger de la qualité
d'un office de tourisme. De nos jours, la qualité du site internet est
aussi importante, car beaucoup de touristes le visitent avant de
décider
de se rendre ou non dans une ville.
Sur de nombreux points, les
offices de tourismes de Metz et Nancy sont plutôt bien positionnés. Ils
sont situés tous les deux sur les places les plus stratégiques de la
ville (place Stanislas et place d'Armes), leur locaux sont spacieux et
fonctionnels et offrent beaucoup de documents en accès libres. Le
personnel est multilingue, ainsi que les documents de promotion de la
ville. Une boutique avec des produits locaux ou des livres est
disponible dans les deux villes.
Il ne nous restait qu'à tester si
l'accueil était gay-friendly. Pour cela, nous avons examiné à la loupe
les sites internet des OT de Metz et Nancy, avons tenté de trouver des
documents sur des établissements LGBT ou sur des manifestations LGBT et
avons posé une même question aux hôtesses d'accueil des deux offices
lorrains : "Avez vous une liste ou un guide des établissements gay de
la ville ?"
Sur ce dernier point, voici les réponses que nous avons obtenues à
Nancy et à Metz :
> Office du Tourisme de Nancy. - Bonjour, avez-vous une liste
ou un guide des établissements gay de Nancy ?
Le sourire a laissé la place à un ton très sec et sans appel, la jeune
femme nous a répondu : - NON.
On n'a pas ça ici. -
Est-ce qu'il en existe un ?
Et d'un ton agacé et visiblement hostile : - Je
ne sais pas, mais on n'a pas ça ici. Puis la personne a détourné son regard,
montrant que le dialogue était terminé.
A sa décharge, nous nous étions présentés juste au
moment de la fermeture du bureau de l'office de tourisme à 19h et la
personne était plus pressée de fermer que de répondre à nos questions.
Mais le résultat est glacial. Nous avons eu le sentiment de n'être pas
les bienvenus. Quand on pense à l'argent dépensé par certains offices
de tourisme pour séduire la clientèle LGBT, on ne peut s'empêcher de
penser qu'il suffit parfois simplement d'un sourire et d'un mot aimable
pour que ces touristes se sentent considérés et respectés. Or, même ce
geste gratuit n'est visiblement pas à la portée de personnes sensées
accueillir des touristes.
> Office de Tourisme de Metz. - Bonjour, avez-vous une liste
ou un guide des établissements gay de Metz ?
Réponse avec un sourire resté affiché sur le visage de l'hôtesse et
apparemment sans être surprise par notre question : -
Je ne crois pas qu'on ai cela mais j'ai un petit guide de la vie
nocturne à Metz avec des infos sur ces établissements. Malheureusement,
il a été édité il y a deux ans et il n'est peut-être plus tout à fait
d'actualité. La personne nous a remis un
petit livret
intitulé "Metz by Night" qui donnait effectivement une liste de bars
et discothèques avec la mention "gay friendly" à coté de certains
établissements.
Cette visite ayant lieu le jour même de la gay
pride lorraine dans les rues de la ville, nous l'avons interrogée sur
cette manifestation. - Avez
vous le programme de la gay pride d'aujourd'hui à Metz ? -
Je ne crois pas mais je vais voir ce que j'ai. On attendant je vous
donne le journal d'aujourd'hui où vous trouverez surement des infos.
Elle
nous tend le Républicain Lorrain du jour et part en réserve chercher
des infos complémentaires. A son retour au bout de quelques minutes : - Avez
vous trouvé des infos utiles dans le journal ? - Non,
juste un article mais pas de programme détaillé. -
C'est dommage, car je n'ai rien de mon coté. Il y a surement un
programme mais nous ne l'avons pas reçu. Voulez vous un plan pour vous
guider à Metz ?
Incontestablement, cette personne a mis toute
sa bonne volonté pour pouvoir nous renseigner au mieux et était
visiblement désolée de n'avoir pas pu mieux nous aider. Même si nous
n'avons pas eu de réponse satisfaisante à nos questions, nous avons eu
le sentiment d'être accueillis sans discrimination, comme des touristes
ordinaires et de manière très sympathique.
Les sites internet des offices
de tourisme de Metz et Nancy :
> Site internet de l'OT de Metz
- Rubrique Metz by Night.
Une
version pdf du guide "Metz by Night" est téléchargeable, avec une liste
des établissements de nuit de la ville dont certains ont la mention
"gay friendly" (l'Appart, L'Endroit, le G D'O).
- Dans le programme
des manifestations de juin 2010 : aucune mention de la gay pride
lorraine qui se déroule dans les rues de Metz le 5 juin.
> Site internet de l'OT de Nancy
-
Rubrique Nancy by Night : Aucune sélection de bars mais une courte
sélection de discothèques. Aucune information sur l'éventuel caractère
gay, gay-friendly des établissements n'est donnée mais de
toute façon,
aucun établissement fréquenté par les homosexuels n'est cité.
Depuis
2003, la ville de Nancy s'est engagée activement dans la lutte contre
l'homophobie, notamment en réalisant une plaque hommage apposée sur
les lieux du crime homophobe de Jean-Pierre Humblot. Régulièrement, la
ville soutient les actions des associations LGBT locales en accueillant
dans ses locaux, congrès et réunions. Elle a soutenu aussi
diverses
manifestations culturelles LGBT et reste à ce jour la seule ville de
Lorraine à soutenir la marche des fiertés LGBT de Lorraine, qu'elle se
déroule à Nancy ou à Metz. Lorsque la marche est nancéienne, un
représentant de la mairie de Nancy prononce un discours à l'issue de la
marche sur le podium du Collectif LGBT de Lorraine. Nancy est aussi la
première ville de Lorraine à avoir accordé la signature du Pacs en
mairie.
La
ville de Nancy est impliquée activement dans la lutte contre les
discriminations. Lucienne Redercher, adjointe au maire, a en charge une
délégation aux droits de l'homme, à l'intégration et à la lutte contre
les discriminations. C'est une des rares villes de France a posséder
une telle délégation.
Coté subventions, certaines associations LGBT perçoivent une subvention
de la ville.
En 2009, les associations
suivantes ont perçu une subvention :
Subventions
Avantages en nature
Alter Egaux :
400 euros
Equinoxe :
900 euros
Trans Aide :
500 euros
Les Joyeux Reporters :
400 euros
LesBienNées
3 718 euros
Aides
3 000 euros
Fédération Française des
Centres LGBT (Quazar Angers)
4 489 euros
NB:
Si l'on considère que Aides n'est pas une association LGBT, les
associations LGBT nancéiennes ont reçu de la ville de Nancy
en 2009,
2 200 euros sur 20,982 M¤ que verse la mairie à 700
associations.
:: Les relations difficiles entre
la mairie de Metz et les associations LGBT. La précédente municipalité
n'était pas favorable à la visibilité
homosexuelle et s'était opposée aux démarches de l'association LGBT
Couleurs Gaies notamment en interdisant à la marche des fiertés
d'emprunter les rues piétonnes du centre ville.
L'arrivée
d'une municipalité de gauche en 2008 fut perçue par la
communauté
homosexuelle comme un espoir d'être enfin entendue, étant données les
positions du Parti Socialiste sur les question de m½urs et la lutte
contre l'homophobie.
Diverses actions de la mairie semblaient apporter effectivement une
amélioration entre la municipalité messine et le mouvement homosexuel.
Couleurs Gaies s'était vu attribuer en 2009 une subvention de 1000
euros. Lors du Congrès de la Fédération Nationale des Centre LGBT
organisé à Metz à l'initiative de Couleurs Gaies, la mairie avait
accueilli les congressistes dans ses murs lors d'une réception en
juillet 2009. Pour les 10 ans de l'association Couleurs Gaies, la
mairie avait mis à sa disposition la prestigieuse salle de l'Arsenal,
ce qui aurait été impensable du temps de l'ancienne majorité. Ensuite,
la mairie a accepté en 2009 la signature du Pacs en mairie. Enfin les
deux marches des fiertés organisées dans la ville en 2008 et en 2010
ont eu l'autorisation de traverser le secteur piétonnier. Tout semblait
prendre le bon chemin de relations cordiales, du moins en façade, mais
diverses maladresses et croche-pieds ont rapidement envenimé les
relations entre la mairie et Couleurs Gaies. Le premier faux pas aura
été indiscutablement la reprise à son compte par la nouvelle majorité
du procès qui opposait l'association à l'ancienne majorité, concernant
l'interdiction d'utiliser les rues piétonnes pour les gaypride de 2004
et 2006. Concernant la mise à disposition de l'Arsenal à Couleurs Gaies
pour sa soirée d'anniversaire, Couleurs Gaies n'a pas
pu toucher les recettes du bar conservées par la mairie. Ce qui
représentait un manque à gagner de 5000 euros. Lorsqu'on sait que ce
sont les soirées qui sont le principal mode de financement de
l'association, on peut rapprocher ces 5000 euros gagnés par la mairie
avec les consommations des invités
de Couleurs Gaies et les 1000 euros de subventions accordés en 2009.
Solde 4000 euros au profit de la mairie. Ensuite lors du Salon des
Solidarités 2009 qui regroupait toutes les associations messines de
défense des droits de l'être humain et de lutte contre les
discriminations, Couleurs Gaies n'était pas invitée à participer à ce
salon. L'association s'est donc manifestée bruyamment à l'entrée du
salon, ce qui a provoqué l'indignation de membres de la municipalité.
Depuis, les occasions de désaccords se sont multipliées, notamment lors
des cérémonies de commémoration du Souvenir de la déportation.
En 2010, Couleurs Gaies a décidé de renoncer à sa subvention de 1000
euros. La mairie ne soutiendra pas la marche des fiertés, ni
politiquement ni matériellement. La gay pride ne sera d'ailleurs pas
annoncée
dans les supports de communication de la mairie. Couleurs Gaies
organisera une exposition publique en présentant tous les documents qui
prouvent l'hostilité de la mairie à son égard. Les participants à la
marche des fiertés siffleront le nom du maire lors des discours de
clôture. Le maire refusera de recevoir les représentants de Couleurs
Gaies désireux de dissiper les malentendus. Espérons qu'un climat plus
serein finisse par s'instaurer.
:: Le tissu associatif LGBT de
Metz et Nancy.
Au nombre d'associations LGBT par habitant, Nancy dépasse largement
Metz. Mais la plus importante association de Lorraine en nombre
d'adhérents mais aussi par la diversité de ses actions pour les gays,
les bi, les trans et les lesbiennes, se trouve à Metz.
> Metz :
4 associations ou délégations sont basées à Metz :
- Couleurs Gaies, centre LGBT de Lorraine Nord
- Contact, délégation de Moselle
- APGL, délégation Grand Est
- Aides, délégation 57
L'association Couleurs Gaies, créée en 1999 est la plus importante
association LGBT de Lorraine en nombre d'adhérents (environ 200). Elle
regroupe des gays, des bi, des lesbiennes et des trans, ce qui n'a pas
nécessité
l'apparition d'autres associations spécifiques sur la ville. Elle est
membre titulaire du Collectif LGBT Lorraine, membre de la Fédération
LGBT. Elle est à l'origine de la
première gay pride de Lorraine en 2003. En 2008, elle gagne un procès
contre
le rectorat Nancy-Metz qui lui refusait son intervention en milieu
scolaire pour lutter contre l'homophobie alors qu'elle avait l'agrément
de jeunesse et d'éducation populaire. Depuis 2009, elle est donc
association agréée par l'Académie Nancy-Metz.
Elle est fréquemment reconnue au niveau national pour son dynamisme et
son engagement. Le magazine Têtu honorera son action en 2009 en
accordant à Metz la première place du dynamisme associatif parmi toutes
les villes françaises de région.
Ces principaux combats sont :
- La lutte contre l'homophobie, notamment en milieu scolaire
- La reconnaissance de la déportation homosexuelle
mais l'association organise aussi des loisirs, soirées, activités,
sorties...
> Nancy : 8 associations ou délégations
sont basées à Nancy :
- Equinoxe Nancy Lorraine
- Trans Aide
- Lesbiennées
- Rando's lorraine
- Alter Egaux
- David et Jonathan Nancy Metz
- Les Joyeux Reporters
- Aides Délégation 54
La plus ancienne association LGBT lorraine en activité, "Lesbiennées",
a
été créée en 1996. Elle se revendique lesbienne et féministe et fait
partie de la Coordination Lesbienne en France. Equinoxe Nancy Lorraine
a succédé à l'association historique Homonyme en 2008. parmi ses
nombreux combats, elle lutte pour le droit aux homosexuels de donner
leur sang. Trans Aide,
association transgenre est née à Nancy, avant de devenir une
association nationale. Trans Aide et Equinoxe sont membres titulaires
du Collectif LGBT Lorraine, et membres très actifs de la Fédération
LGBT. Nancy est une des villes de région où les associations sont le
plus nombreuses et diversifiées.
Metz
Nancy
:: Le tissu commercial LGBT de
Metz et Nancy.
En
comparaison d'autres villes de même importance, Metz et Nancy
bénéficient d'un réseau d'établissements communautaires ou gay friendly
supérieur à la moyenne. Là aussi, les deux villes se complètent. A
Nancy, les bars gay et lesbiens purs et durs ont toujours eu du mal à
s'imposer et les nancéiens ont une préférence pour les établissement
gay friendly. On peut y prendre un verre dès la fin de l'après-midi,
alors qu'à Metz, les bars gays et lesbiens ouvrent tardivement. Leur
clientèle est moins mélangée et les bars sont de plus grandes
dimensions. Au niveau des établissements de rencontre "hard", s'il n'y
a pas à proprement parler de cruising bar gay à Metz ou à Nancy, il
existe un sex-center ouvert aux hétéros et aux gays à Nancy, un cinéma
backroom ouvert aux hétéros et aux gays à Metz, 2 saunas à Metz et 1 à
Nancy. Seule Metz bénéficie actuellement d'une discothèque gay mais des
soirées gays sont de temps en temps proposées par d'autres
établissements dans les deux villes. D'une manière générale, la
pérennité des établissements semble plus grande à Metz, alors qu'à
Nancy, les ouvertures et les fermetures sont plus nombreuses. Les
jeunes gays et les lesbiennes messins et nancéiens semblent plutôt
heureux de l'offre de leur ville, même si elle peut être encore
améliorée, notamment auprès d'une clientèle plus mûre qui se sent un
peu abandonnée. Mais les échanges entre les deux villes
voisines
sont nombreux ainsi que vers Luxembourg ou Sarrebruck. Ces quatre
villes très différentes les unes des autres et accessibles en très peu
de temps en voiture proposent à elles quatre une offre
commerciale LGBT aussi dense que des villes comme Lyon, Marseille ou
Toulouse avec une plus grande diversité d'ambiances. On n'est donc loin
du désert que représentent certaines autres capitales régionales du
centre de la France.
Contrairement
à la plupart des régions de France qui bénéficient de nombreux
journaux gratuits LGBT dont la parution est mensuelle, il n'existe pas
de gratuit LGBT en Lorraine à part les journaux des associations
diffusés auprès de leurs adhérents et le magazine Cities diffusé dans
les lieux gais lorrains depuis Nancy par l'association "les Joyeux
Reporters" mais qui ne comporte que 4 numéros par an et un contenu
moins dense que les autres revues régionales. Il n'existe plus non plus
d'émissions de radio gay-friendly sur les antennes locales. La plupart
des établissements communiquent par des affichettes et des flyers,
souvent limités à leur périmètre géographique.
Enfin, du coté de l'internet, Lorraine Gay reste le plus ancien site
régional encore en activité puisqu'il propose chaque semaine, depuis 10
ans, l'agenda des sorties et toute l'actualité LGBT de la région. il
est
reconnu au niveau national comme un des sites régionaux les plus
dynamiques. Les sites officiels des associations, comme des
établissements LGBT, semblent laisser le pas aux pages facebook après
des tentatives de blogs sans lendemain, mais certains sites associatifs
offrent encore une grande richesse de contenu.
Si les villes du bord de mer
attirent les gays pour la plage et le soleil, de ce point de vue Metz
et Nancy pourront difficilement progresser. En revanche, l'offre
culturelle est aussi un élément déterminant pour le tourisme LGBT. Les
gays et lesbiennes sont attirés par des offres culturelles haut de
gamme, opéra, théâtre mais aussi danse, musiques électroniques, art
contemporain...
::
La vie culturelle à Nancy Jusqu'en 2010, Nancy propose
une offre culturelle supérieure à celle à Metz. La capitale de l'Art
Nouveau possède une offre en musées particulièrement diversifiée. Le
Musée des Beaux Art de Nancy a une réputation qui dépasse les
frontières et le musée de l'Ecole de Nancy ainsi que le musée lorrain
offrent des collections uniques au monde. Daum, Baccarat sont des
marques mondialement connues des amateurs de luxe. La place Stanislas,
inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité par l'UNESCO et récemment
remise en valeur, est considérée comme une des plus belles places
royales d'Europe. Mais Nancy, c'est aussi l'Opéra National de Lorraine,
et de nombreux théâtres à travers la ville : Théâtre de la Manufacture,
Le Petit Théâtre dans la Ville, la Salle Poirel, le théâtre de Mon
Désert, le théâtre Ça Respire Encore, le Caveau de la Roëlle... Le
Centre Chorégraphique National - Ballets de Lorraine - connait depuis
1978, avec les années "Dupont", un grand succès auprès de la population
et des touristes gay. Enfin, Nancy s'est dotée avant Metz d'un Centre
Régional des Musiques Actuelles, L'Autre Canal, qui apporte à la ville
une note de modernité, sans parler du Zénith qui accueille les plus
grands spectacles internationaux. La ville ne manque pas d'attrait et
la restauration, un peu tardive, du Palais ducal et de l'église Saint
Epvre vont aussi booster l'attrait touristique de la vieille ville dont
la rue des Maréchaux ne constituera plus le seul épicentre de
l'animation nocturne. Coté festivals, Nancy n'a pas à rougir de son
offre. Evidemment Nancy Jazz Pulsations reste un événement majeur de
l'offre culturelle de la capitale ducale. L'expression homosexuelle
n'est pas absente non plus, à travers des petites pièces de café
théâtre ou des expositions, comme en 2009 l'Exposition "Homme-femme. De
quel sexe êtes-vous ?" présentée au Museum Aquarium de Nancy. Au niveau du tissu urbain, le nouveau quartier Stanislas
Meurthe, désormais doté de locomotives majeures comme Kinépolis ou
l'Autre Canal est plutôt une réussite avec
beaucoup d'espaces verts et aquatiques et une architecture moderne et
de taille humaine. Les nancéiens, qui avaient oublié les canaux et
rivières de leur ville, retrouvent les plaisirs des ballades au bord de
l'eau.
L'urgence est aujourd'hui la réhabilitation du quartier de la gare. Ce
quartier totalement défiguré dans les décennies passées est la première
image qu'ont de la ville les touristes qui arrivent par TGV. La
réhabilitation de la place Thiers, l'ouverture du nouveau Centre des
Congrès, la reconfiguration totale du quartier qui intègrera espaces
verts, places, mais aussi les architectures de toutes les époques ne
peut pas être un échec. C'est le pari que doit réussir désormais la
municipalité pour offrir au touristes une porte de ville digne de son
image internationale.
::
La vie culturelle à Metz Après plusieurs décennies de
glaciation culturelle qui ont marqué les années Rausch, si Metz s'est
dotée d'une salle prestigieuse avec l'Arsenal où se produit une
formation non moins prestigieuse, l'Orchestre National de
Lorraine, le centre ville s'était vidé et en particulier le
soir après 19h où l'animation de rue était devenue plus proche de celle
de d'une sous-préfecture que d'une capitale régionale. En dehors du
théâtre municipal ou du Caveau des Trinitaires qui constituait la seule
offre
culturelle alternative, mais qui a connu de nombreux aléas, pas de
salles de concerts, pas de cafés théâtres et même les cinémas avaient
failli déserter totalement le centre ville. Si Nancy s'était dotée
d'une grande salle de concert avec la création d'un Zenith, Metz
s'était fait voler la vedette par la petite ville d'Amnéville qui avait
ouvert son Galaxie. Coté musées, à part le Musée de la Cour d'Or :
rien. Même les grands événements du passé comme "les Rencontres
Internationales de Musique Contemporaine" s'étaient tus dans les
années 90. Ne subsistaient que l'élection de la Reine de la Mirabelle
orchestrée par un parquet de vieillards libidineux et les fêtes de la
Saint Nicolas qui n'amusent plus les enfants depuis longtemps. Même si
les gays ont parfois un certain goût pour le kitch, là on était
descendu dans le pathétique. Metz était devenue une ville-musée,
magnifique, riche mais déserte et sans vie. Seul point positif mais un
peu tardif des années Rausch, la signature de l'acte de
naissance du centre Pompidou Metz apporté sur un plateau par
Jean-Jacques Aillagon. C'est sur le réveil culturel de la ville que la
nouvelle équipe municipale a obtenu la majorité des suffrages
des messins. Et Metz sort peu à peu de la glaciation. L'animation de
rue et des places attire de nouveau les noctambules. Metz-plage, Nuit
Blanche, ZikaMetz, Metiz'Art, Art.Metz redonnent vie à la ville. Evidemment
l'événement majeur de l'année 2010 reste l'ouverture du Centre Pompidou
Metz qui devrait définitivement propulser la ville au rang des
destinations touristiques majeures comme ce fut le cas pour la
ville de Bilbao en Espagne avec le musée Guggenheim. Les projets ne
manquent pas avec l'ouverture d'une salle dédiée aux musiques
actuelles, un musée d'histoire militaire, un nouveau Palais des
Congrès, mais rien n'est encore gagné. Il manque encore à Metz un
festival majeur et international et un réseau de petites salles privées
pour les concerts ou le théâtre. L'espace Bernard-Marie Koltès inauguré
en 2009 au Saulcy est aussi à saluer. Metz a des atouts pour attirer
les touristes mais il faut maintenant leur donner l'envie de rester ou
de revenir. Ce n'est pas avec le couvre-feu commercial imposé dans les
villes d'Alsace Moselle le dimanche, où même les marchés sont
inexistants, que les séjours en week-end risquent de se développer. La
ville est en train de se restructurer et va redécouvrir sa place de la
République, jadis place de toutes les fêtes, mais qui était devenue un
parking à ciel ouvert sous les années Rausch. Elle pourrait devenir un
point de liaison stratégique entre le Centre ville, le quartier de la
gare et le Centre Pompidou pour peu qu'on trouve rapidement une
destination culturelle ou commerciale à l'immense bâtiment encore
occupé par l'armée, la Caserne Ney. Ce no-man's land qui coupe le
centre de Metz doit absolument être revitalisé et ce bâtiment
caractéristique de l'architecture militaire messine doit devenir un
lieu de vie majeur en particulier sur sa façade avenue Schuman, sinon
Metz restera toujours coupée de son Centre Pompidou. Evidemment
l'ouverture du Centre Pompidou au milieu des terrains vagues, le retard
pris dans la construction du quartier de l'Amphithéâtre et les
chantiers divers à travers la ville qui auraient dû précéder Pompidou
font déjà perdre à Metz les avantages de la médiatisation provoquée par
l'inauguration. L'héritage du passé n'est pas toujours facile à
assumer, mais la volonté de la municipalité existe, ce qui est déjà
bien. Encore faudrait-il qu'elle n'exclue personne de l'animation de la
ville. Et les 3000 jeunes réunis au son de la techno dans les rue
de Metz lors de la gaypride 2010 auraient aimé avoir le
soutien de leur municipalité, au moins au niveau logistique et
promotionnel.
Si Metz arrive à faire connaître internationalement son patrimoine
architectural exceptionnel et à créer un tissu urbain cohérent et
vivant entre son centre ville, sa vieille ville, son quartier impérial
et son nouveau quartier autour du Centre Pompidou, elle pourra
sereinement consacrer ses efforts à créer des événements majeurs et
distancer sa rivale nancéienne. Mais pour le moment, le renouveau est
seulement en marche.
Résultat général
pour Metz et
Nancy en 2010 :
Metz : 16 points sur 40, soit un score inférieur à la moyenne.
Nancy : 19 points sur 40, soit une moyenne pas tout-à-fait atteinte
mais un léger avantage sur Metz.
Les plus grandes marges de progressions de nos deux villes sont
essentiellement au niveau de l'offre d'hébergement pas très gay
friendly, de l'accueil touristique et de l'absence de restaurant à
l'ambiance homosexuelle. Nos
deux villes n'ont pas à rougir de leur tissu associatif plutôt
exemplaire en comparaison avec la majorité des villes françaises. Enfin
l'offre culturelle des deux villes, qui ne sont jamais qu'à 40 minutes
en voiture, est au moins aussi dense que celle des grandes métropoles
françaises. En jouant la carte de la complémentarité, Metz et Nancy
devraient pouvoir retenir les touristes plus d'une journée et commencer
à avoir une image à l'international. Encore faudrait-il que le TGV
relie rapidement nos villes à l'Est de l'Europe car le Parisien restera
toujours plus attiré par la côte normande pour le week-end ou par le
sud de la France pour les vacances et continuera à penser que Metz et
Nancy sont des villes industrielles décimées par le chômage, la
pollution des usines avec des températures inférieures à zéro 11 mois
par an. Le tourisme gay peut être un atout supplémentaire pour nos deux
villes, notamment auprès de la clientèle allemande et du Bénélux pour
peu que Metz se souvienne qu'elle fut une ville bilingue et
bi-culturelle et que Nancy joue la carte du bon goût français, ce qui
ne doit pas être un exercice difficile. En ce qui concerne l'offre
commerciale
communautaire, si elle est satisfaisante dans les deux villes, elle
pourrait être encore améliorée avec des établissements beaucoup plus
ciblés et notamment en direction d'une clientèle plus mûre. Metz.
La municipalité messine se défend d'être homophobe et revendique son
caractère gay-friendly. Mais visiblement, et en toute
objectivité, le message passe très mal auprès de la
population
concernée. Si la ville veut, sans effort financier particulier, attirer
les touristes gay et démontrer son caractère ouvert, il lui
suffit
simplement d'être un peu plus prudente dans ses démarches et sa
communication. Il serait souhaitable aussi qu'elle se positionne
clairement sur le sujet de la lutte contre l'homophobie, notamment
quand les rues de la ville sont encore le théâtre d'agressions
homophobes. Enfin, elle doit normaliser au plus tôt ses relations avec
la plus importante association LGBT de Lorraine et lui faire confiance
dans un domaine qu'elle a du mal à maîtriser par méconnaissance du
sujet. Elle doit aussi dénoncer clairement les dérapages verbaux et
diverses maladresses dont l'impact médiatique ruinent ou masquent le
fond d'une action dont elle se revendique. Il y a une trentaine
d'années, Strasbourg, ville culturellement proche, avait eu beaucoup de
mal a renoncer à son esprit étriqué, provincial teinté d'intégrisme
religieux pour accéder au rang de capitale européenne. Aujourd'hui, si
Metz revendique une dimension européenne, elle doit cesser son
clientélisme de clochers et se démarquer définitivement des idées
poussiéreuses qui ne lui permettront jamais de progresser sur le
terrain de la tolérance et de l'ouverture d'esprit. L'armée, la
bourgeoisie installée et l'église ont toujours conduit les destinées de
cette ville. Si elle veut passer dans le XXIème siècle, elle doit
tourner définitivement cette page. Mais le veut-elle vraiment ?
Nancy.
La ville de Nancy a, sans aucun doute, fait un effort particulier pour
lutter contre les discriminations et soutenir le mouvement LGBT. Elle
s'inscrit en cela dans son passé de ville des lumières et cette
communication positive ne peut que lui être favorable auprès de
touristes LGBT.
La politique municipale est en parfaite adéquation avec l'image jeune
qu'a cette ville étudiante et dont l'esprit de tolérance a toujours été
supérieur à celui de sa voisine mosellane. Mais les choses ne se sont
pas imposées d'elles-même. C'est l'action, et même la lutte, des
diverses associations LGBT par le passé qui a permis cette évolution
des esprits. Même s'il reste encore des progrès à effectuer,
l'intelligence du premier magistrat de la ville a été d'évoluer avec
les m½urs de son époque. Un des progrès à effectuer serait
déjà
de maîtriser la qualité
de l'accueil des touristes LGBT à l'office du tourisme. Dans
l'ensemble, les gays et les lesbiennes de la ville sont plutôt bien
intégrés à la vie sociale de leur ville ce qui pourrait expliquer le
peu de commerces communautaires et le caractère gay-friendly et mélangé
de leurs établissements préférés.