Histoire
des lieux gay dans les Vosges.
Comme dans beaucoup de
départements de province, la vie gay des Vosges n'est apparue au grand
jour que depuis quelques années. Durant des siècles, il fallait cacher
son homosexualité et les quelques gays qui s'assumaient n'avaient guère
d'autres choix que de se rendre dans les grandes villes ou de
fréquenter les parcs et pissotières pour faire des rencontres.
Pourtant, dès les années 70, quelques établissements se sont risqués à
organiser discrètement des soirées pour les gays. A Gérardmer la
première association homosexuelle de France (on ne disait pas encore
gay), le Club Arcadie, avait trouvé un établissement sympathisant pour
accueillir ses réunions régionales. L'Hôtel
Restaurant de Paris était tenu par un
"sympathisant" qui organisait parfois des soirées homos avec le club
Arcadie. Malgré la pudibonderie de cette première association, les
témoignages de cette époque évoquent des soirées privées
particulièrement chaudes. Cette petite station balnéaire de Gérardmer a
toujours connu une vie gay "underground" et discrète. Marc et Alain
étaient aussi connus dans cette ville, ils y ont tenu peu de temps l'Hôtel
des Voyageurs. Quelques pizzerias et
discothèques de la ville avaient aussi la cote auprès des touristes
homos en saison (été et hivers). Autre ville qui avait aussi une
longueur d'avance sur le reste du département, c'est Remiremont. Dans
les années 80, le bar "Le Monte-Carlo",
112 rue du Général de Gaulle avait une clientèle essentiellement gay le
soir. Cette petite ville offrait aussi plusieurs lieux de drague en
extérieur, notamment la Promenade du Calvaire.
Toujours dans les années 80, à Bruyères, c'est un restaurant, "le
Chantecler", qui, en dehors d'être un
excellent gastronomique, était particulièrement accueillant pour les
homos.
La seconde ville du département, Saint Dié, a toujours été, en
revanche, peu accueillante pour les gays. Pas d'établissement recensé
et uniquement des lieux de drague en extérieur comme la Place
du Marché, le Parking
de la Pêcherie, ou le Parc
du Centre Ville.
Quand à Epinal, la
Préfecture, les lieux de rencontre extérieurs n'ont jamais manqué. La Promenade
du Cours a toujours été accueillant
et quelques pissotières dans la ville ne manquaient pas non plus de
fréquentation, notamment celle du quai
des bons enfants. Le premier établissement
de la ville a affirmer véritablement son caractère gay a laissé un très
bon souvenir auprès des homos spinaliens des années 90 : Cet
établissement faisait hôtel, restaurant, bar et discothèque : Une seule
et même adresse pour trois établissements au 6 quai des Bons Enfants
(juste en face de la fameuse pissotière) : Le
Charolais , brasserie, bar, restaurant
gay friendly; le Point Central,
c'était l'hôtel. Quant à la boîte qui a laissé un souvenir
impérissable, c'était le Scotch Club.
Puis les années Sida ont été une sorte de traversée du désert. Parmi
les lieux vosgiens qui n'existent plus ou qui ont changé d'orientation
n'oublions pas l'Auberge chez Dino à
Bains-les-Bains avec sa grande terrasse et son hôtel, la discothèque le
5ème avenue à
Gérardmer et à Epinal un bar qui a changé souvent de nom :
L'Imprévu, rue de la Maix, qui est
devenu plus tard le Cartoon.